The boy's Froissart : $b being Sir John Froissart's Chronicles of adventures, battle, and custom in England, France, Spain, etc.Froissart, Jean
History
The boy's Froissart : $b being Sir John Froissart's Chronicles of adventures, battle, and custom in England, France, Spain, etc.
Froissart, Jean
France -- History -- House of Valois, 1328-1589; Great Britain -- History -- 14th century; Hundred Years' War, 1339-1453
Après toutes ces choses se commença l’air à éclaircir et le soleil à
luire bel et clair. Si l’avoient les François droit en l’œil et les
Anglois par derrière. Quand les Génois furent tous recuellis et mis
ensemble, et ils durent approcher leurs ennemis, ils commencèrent à
crier si très haut que ce fut merveilles, et le firent pour ébahir les
Anglois; mais les Anglois se tinrent tous cois, ni oncques n’en firent
semblant. Secondement encore crièrent eux ainsi, et puis allèrent un
petit pas avant; et les Anglois restoient tous cois, sans eux mouvoir de
leur pas. Tiercement encore crièrent moult haut et moult clair, et
passèrent avant, et tendirent leurs arbalétres et commencèrent à traire
(tirer). Et ces archers d’Angleterre, quand ils virent cette ordonnance,
passèrent un pas en avant, et puis firent voler ces sagettes (flèches)
de grand’ façon, qui entrèrent et descendirent si ouniement (à la fois)
sur ces Génois que ce sembloit neige. Les Génois qui n’avoient pas
appris à trouver tels archers que sont ceux d’Angleterre, quand ils
sentirent ces sagettes (flèches) qui leur perçoient bras, têtes et
banlevre, furent tantôt déconfits et confèrent les plusieurs les cordes
de leurs arcs et les aucuns les jetoient jus (à bas); si se mirent aussi
de retour.
Entre eux et les François avoit une grand’ haie de gens d’armes, montés
et parés moult richement, qui regardoient le convenant (disposition) des
Génois; si que quand ils cuidèrent (crurent) retourner, ils ne peuvent,
car le roi de France, par grand mautalent (mécontentement), quand il vit
leur pauvre arroy, et qu’ils se déconfisoient ainsi, commanda et dit:
“Or tôt, tuez toute cette ribaudaille, car ils nous empêchent la voie
sans raison.” Là vissiez gens d’armes en tous lez (côtés) entre eux
férir et frapper sur eux, et les plusieurs trébucher et cheoir parmi
eux, qui oncques puis ne se relevèrent. Et toujours traioirent
(tiroient) les Anglois en la plus grand’ presse, qui rien ne perdoient
de leur trait; car ils empalloient et féroient parmi le corps ou parmi
les membres gens et chevaux qui là chéoient (tomboient) et trebuchoient
à grand meschef; et ne pouvoient être relevés, si ce n’étoit par force
et par grand’ aide de gens. Ainsi se commença la bataille entre la Broye
et Crécy en Ponthieu, ce samedi à heure de vespres.
CHAPTER LVI.
THE ENGLISH ON THE MORROW AGAIN DEFEAT THE FRENCH.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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