The collected works of William Hazlitt, Vol. 01 (of 12)Hazlitt, William
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The collected works of William Hazlitt, Vol. 01 (of 12)
Hazlitt, William
English essays -- 19th century
We shall here give one passage as an example, which has always
appeared to us the very perfection of this kind of personal and local
description. It is that where he gives an account of his being one of
the choristers at the Cathedral at Chambery: ‘On jugera bien que la
vie de la maîtrise toujours chantante et gaie, avec les Musiciens et
les Enfans de chœur, me plaisoit plus que celle du Séminaire avec les
Peres de S. Lazare. Cependant, cette vie, pour être plus libre, n’en
étoit pas moins égale et réglée. J’étois fait pour aimer
l’indépendance et pour n’en abuser jamais. Durant six mois entiers, je
ne sortis pas une seule fois, que pour aller chez Maman ou à l’Église,
et je n’en fus pas même tenté. Cette intervalle est un de ceux où j’ai
vécu dans le plus grand calme, et que je me suis rappelé avec le plus
de plaisir. Dans les situations diverses où je me suis trouvé,
quelques uns out été marqués par un tel sentiment de bien-être, qu’en
les remémorant j’en suis affecté comme si j’y étois encore. Non
seulement je me rappelle les tems, les lieux, les personnes, mais tous
les objets environnans, la température de l’air, son odeur, sa
couleur, une certaine impression locale qui ne s’est fait sentir que
là, et dont le souvenir vif m’y transporte de nouveau. Par exemple,
tout ce qu’on répétait a la maîtrise, tout ce qu’on chantoit au chœur,
tout ce qu’on y faisoit, le bel et noble habit des Chanoines, les
hasubles des Prêtres, les mitres des Chantres, la figure des
Musiciens, un vieux Charpentier boiteux qui jouoit de la contrebasse,
un petit Abbé biondin qui jouoit du violon, le lambeau de soutane
qu’après avoir posé son épée, M. le Maître endossoit par-dessus son
habit laïque, et le beau surplis fin dont il en couvrait les loques
pour aller au chœur; l’orgueil avec lequel j’allois, tenant ma petite
flûte à bec, m’établir dans l’orchestre, à la tribune, pour un petit
bout de récit que M. le Maître avoit fait exprès pour moi: le bon
diner qui nous attendoit ensuite, le bon appétit qu’on y portoit:—ce
concours d’objets vivement retracé m’a cent fois charmé dans ma
mémoire, autant et plus que dans la realité. J’ai gardé toujours une
affection tendre pour un certain air du _Conditor alme syderum_ qui
marche par iambes; parce qu’un Dimanche de l’Avent j’entendis de mon
lit chanter cette hymne, avant le jour, sur le perron de la
Cathédrale, selon un rite de cette eglise là. Mlle. _Merceret_, femme
de chambre de Maman, savoit un peu de musique; je n’oublierai jamais
un petit motet _afferte_, que M. le Maître me fit chanter avec elle,
et que sa maîtresse écoutait avec tant de plaisir. Enfin tout, jusqu’à
la bonne servante _Perrine_, qui étoit si bonne fille, et que les
enfans de chœur faisoient tant endêver—tout dans les souvenirs de ces
tems de bonheur et d’innocence revient souvent me ravir et
m’attrister.’—_Confessions_, LIV. iii. p. 283.
Footnote 58:
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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