The Depot for Prisoners of War at Norman Cross, Huntingdonshire. 1796 to 1816Walker, Thomas (Thomas James)
History
The Depot for Prisoners of War at Norman Cross, Huntingdonshire. 1796 to 1816
Walker, Thomas (Thomas James)
France -- History -- 1789-1815; Norman Cross depot; Prisoners of war
Je ne saurois vous dire, Milord, combien je suis touché de toutes les
démarches que vous avés eu la bonté de faire pour me procurer un jeune
prisonnier pour me servir de domestique, ce que j’ai souffert dans ces
derniers temps m’a encore plus prouvé combien il étoit nécessaire d’avoir
auprès de moi quelqu’un pour me servir. Je désire bien que les démarches
que vous avés daigné faire ne soient pas sans succès, c’est à vous, si la
chose réussit que j’en serai uniquement redevable, et dès lors j’en
sentirai doublement le poids. J’ose dire qu’il y avoit une véritable
injustice à m’en refuser un, car, indépendamment de ce qu’on n’avoit pas
le droit à ce que je crois, de m’ôter celui qui j’avois d’après le
passeport qui avoit été donne, je puis certifier que les raisons qu’on a
mises en avance pour le faire rentrer dans la prison, et surtout celle
qu’on a alléguées d’avoir introduit de la paille dans les prisons, est
dénuée de toute vérité, et à l’égard de cette dernière raison qui n’est
aujourd’hui mise en avant que pour la première fois, je crois pouvoir
répondre que l’accusation est absolument fausse. Mais comme je ne
reviens pas sur le passé si l’on m’en accorde un autre par votre
protection, j’en aurois une vraie satisfaction, car je suis réellement
malheureux, dans la position où je me trouve, de n’avoir personne pour me
servir.
Vous avés la bonté de me dire, Milord, que lorsque j’aurai fait mes
arrangements pour liquider la somme de £200, vous voudrés bien me faire
transmettre cette somme de la manière qui me sera la plue commode. Comme
de raison ce sera à l’époque qui vous sera la plus convenable, ce que
vous faites pour moi, est trop au delà de tout ce que je pouvois jamais
espérer, pour que le terme qui vous sera le plus agréable ne soit le
mien.
A la vérité plutôt je pourrai être libéré de cette dette, plutôt ce sera
le mieux pour moi. Et puisque vous me permettés de vous parler avec
franchise, si cela vous convient, je prendrai la liberté de vous observer
que comme dans ce moment-ci il nous est dû quatre mois de notre
traitement, ce qui ne laisse pas pour l’instant de rendre la position un
peu embarrassante, si vous daigniés me faire passer ici 100 livres
sterlings en papiers du pays, ou en papiers de la banque d’Angleterre, et
un draft de 100 livres sterlings sur votre banquier à Londres, alors je
laisserois les 4 mois qui avec celui qui sera dû au premier mai feroient
la somme de £100 pour compléter les £200, et ce que vous auriés la bonté
de m’envoyer ici, me serviroit à ma dépense habituelle et nécessaire.
Pardonnés ma franchise et ma liberté, vos bontés seules m’y autorisent,
mais d’ailleurs, ce qui vous conviendra le mieux à cet égard, fera
toujours mon arrangement. Pou-vois-je jamais espérer tant de bonté de
quelqu’un dont je n’avois pas seulement l’honneur d’être connu.
J’ai l’honneur d’être avec respect, permettés moi d’ajouter avec une
reconnoissance qui durera autant que ma vie,
Mylord.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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