The History of ChivalryJames, G. P. R. (George Payne Rainsford)
History
The History of Chivalry
James, G. P. R. (George Payne Rainsford)
Chivalry; Crusades
"_Comment Messire Jean Froissart enquéroit diligemment comment les
Guerres s'étoient portées par toutes les parties de la France._
"Je me suis longuement tenu à parler des besognes des lointaines marches,
mais les prochaines, tant qu'à maintenant, m'ont été si fraîches, et si
nouvelles, et si inclinants à ma plaisance, que pour ce les ai mises
arrière. Mais, pourtant, ne séjournoient pas les vaillants hommes, qui se
désiroient à avancer ens [dans] on [le] royaume de Castille et de
Portugal, et bien autant en Gascogne et en Rouergue, en Quersin [Quercy],
en Auvergne, en Limousin, et en Toulousain, et en Bigorre; mais visoient
et subtilloient [imaginoient] tous les jours l'un sur l'autre comment ils
se pussent trouver en parti de fait d'armes, pour prendre, embler
[enlever], et écheller villes, et châteaux, et forteresses. Et pour ce, je
sire Jean Froissart, qui me suis ensoingné [étudié] et occupé de dicter et
écrire cette histoire, à la requête et contemplation de haut prince et
renommé Messire Guy de Châtillon, Comte de Blois, Seigneur d'Avesnes, de
Beaumont, de Scoonhort, et de la Gende, mon bon et souverain maître et
seigneur; considérai en moi-même, que nulle espérance n'étoit que aucuns
faits d'armes se fissent ès parties de Picardie et de Flandre, puisque
paix y étoit, et point ne voulois être oiseux; car je savois bien que
encore au temps à venir, et quand je serai mort, sera cette haute et noble
histoire en grand cours, et y prendront tous nobles et vaillants hommes
plaisance et exemple de bien faire; et entrementes [pendant] que j'avois,
Dieu merci, sens, mémoire, et bonne souvenance de toutes les choses
passées, engin [esprit] clair et aigu pour concevoir tous les faits dont
je pourrois être informé, touchants à ma principale matière, âge, corps et
membres pour souffrir peine, me avisai que je ne voulois mie séjourner de
non poursieure [poursuivre] ma matière; et pour savoir la vérité des
lointaines besognes sans se que j'y envoyasse aucune autre personne en
lieu de moi, pris voie et achoison [occasion] raisonnable d'aller devers
haut prince et redouté seigneur, Messire Gaston, Comte de Foix et de Berne
[Béarn]; et bien sçavois que si je pouvois venir en son hôtel, et là être
à loisir, je ne pourrois mieux cheoir au monde, pour être informé de
toutes nouvelles; car là sont et fréquentent volontiers tous chevaliers et
écuyers étranges, pour la noblesse d'icelui haut prince. Et tout ainsi,
comme je l'imaginai, il m'en advint; et remontrai ce, et le voyage que je
voulois faire, a mon très cher et redouté seigneur, Monseigneur le Comte
de Blois, lequel me bailla ses lettres de familiarité adressants au Comte
de Foix. Et tant travaillai et chevauchai en quérant de tout côtés
nouvelles, que, par la grace de Dieu, sans péril et sans dommage, je vins
en son chatel, a Ortais [Orthez], au pays de Béarn, le jour de Sainte
Catherine, que on compta pour lors en l'an de grace mil trois cent
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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