The History of ChivalryJames, G. P. R. (George Payne Rainsford)
History
The History of Chivalry
James, G. P. R. (George Payne Rainsford)
Chivalry; Crusades
"Lorsque le prince de Galles eut déclare la guerre au roi Henri de
Castille, il manda à tous les Anglois qui etoient alors au service de ce
prince de le quitter pour se rendre auprès de lui. Hue de Carvalai, qui
étoit du nombre, obligé de se sêparer de Bertrand, vint lui faire ses
adieux: 'Gentil sire, lui dit-il, il nous convient de partir nous avons
esté ensemble par bonne compaignie, comme preudomme, et avons toujours eu
du vostre à nostre voulente que oncques n'y ot noise ne tançon, tant des
avoirs conquestez que des joyaulx donnez, ne oncques n'en demandasmes
part, si pense bien que j'ay plus reçeu que vous, dont je suis vostre
tenu. Et pour ce vous pris que nous en comptons ensemble. Et ce que je
vous devray, je vous paieray ou assigneray. Si dist Bertran, ce c'est
qu'un sermon, je n'ay point pensé à ce comte, ne ne sçay que ce puet
monter. Je ne sçay se vous me devez, ou si je vous doy. Or soit tout
quitte puisque vient au departir. Mais se de cy en avant nous acreons l'un
à l'autre, nous ferons nouvelle depte et le convendra escripre. Il n'y a
que du bien faire, raison donne que vous (suiviez) vostre-maistre. Ainsi
le doibt faire tout preudomme. Bonne amour fist l'amour de nous et aussi
en fera la departie: dont me poise qu'il convient que elle soit. Lors le
baisa Bertran et tous ses compagnons aussi: moult fut piteuse la
departie.'--(_Histoire de Bertrand Duguesclin_, publiée par Ménard, c.
xxiv., p. 248 et 249.)
"Duguesclin tomba dans la suite au pouvoir des Anglois, qui le retinrent
long-temps prisonnier. Après avoir enfin obtenu sa liberté sous parole
d'acquitter sa rançon, Carvalai, son ancien frère d'armes, qu'il avoit
retrouvé, et qui pendant quelque temps lui tint bonne compagnie, voulut
lui parler encore du compte qu'ils avoient à regler ensemble. 'Bertran,
dit-il à son ami, avant que de se separer nous avons esté compagnons ou
pays d'Espangne par de la de prisons, et d'avoir (c'est-à-dire en société
tant pour les prisonniers que pour le butin que nous aurions) dont je ne
comptay oncques à vous et sçay bien de pieça que je suis vostre tenu
(redevable, en reste avec vous) dont je vouldray avoir advis: mais de tout
le moins je vous aideray ici de trente mille doubles d'or. Je ne sçay, dit
Bertran, comment il va du compte, mais que de la bonne compagnie; ne je
n'en vueil point compter; mais se j'ay mestier je vous prieray. Adonc
baisierent li uns l'autre au departir.'--(_Ibid_, p. 306.)
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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