The History of ChivalryJames, G. P. R. (George Payne Rainsford)
History
The History of Chivalry
James, G. P. R. (George Payne Rainsford)
Chivalry; Crusades
"L'adoption en frere se trouue auoir esté pratiquée en deux manieres par
les peuples étrangers, que les Grecs el les Latins qualifient
ordinairement du nom de Barbares. Car parmay ceux dont les moeurs et les
façons d'agir ressentoient effectiuement quelque chose de rude et
d'inhumain, elle se faisoit en se piquant reciproquement les veines, et
beuuant le sang les vns des autres. Baudoüin Comte de Flandres et Empereur
de Constantinople reproche cette detestable coûtume aux Grecs mémes, non
qu'ils en vsassent entre eux: mais parce que dans les alliances qu'ils
contractoient auec les peuples barbares, pour s'accommoder à leurs
manieres d'agir, ils estoient obligez de suiure leurs vsages, et de faire
ce qu'ils faisoient ordinairement en de semblables occasions. _Hæc est_,
ce dit-il, _quæ spurcissimo gentilium ritu pro fraterna societate,
sanguinibus alternis ebibitis, cum infidelibus sæpe ausa est amicitias
firmare ferales_. L'Empereur Frederic I. auoit fait auparauant ce mesme
reproche aux Grecs, ainsi que nous apprenons de Nicetas. Mais ce que les
Grecs firent par necessité, nos François qui estoient resserrez dans
Constantinople, et attaquez par dehors de toutes parts, furent contraints
de le faire, et de subire la meme loy, en s'accommodant au temps, pour se
parer des insultes de leurs ennemis. C'est ce que le Sire de Joinuille dit
en ces termes: A iceluy Cheualier oüi dire, et comme il le disoit au Roy,
que l'Empereur de Constantinople, et ses gens, se allierent vne fois d'vn
Roy, qu'on appelloit le Roy des Comains, pour auoir leur aide, pour
conquerir l'Empereur de Grece, qui auoit nom Vataiche. Et disoit iceluy
Cheualier, que le Roy du peuple des Comains pour auoir seurte et fiance
fraternel l'vn l'autre, qu'il faillit qu'ils et chascun de leur gens d'vns
part et d'autre se fissent saigner, et que de leur sang ils donnassent à
boire l'vn à l'autre, en signe de fraternité, disans qu'ils estoient
frere, et d'vn sang, et ainsi le conuint faire entre nos gens, el les gens
d'iceluy Roy, et meslérent de leur sang auec du vin, et en beuuoient l'vn
à l'autre, et disoient lors qu'ils estoient freres d'vn sang. Georges
Pachymeres raconte la méme chose des Comains. Et Alberic en l'an 1187,
nous fait assez voir que cette coûtume eut pareillement cours parmy les
Sarazins, écriuant que la funeste alliance que le Comte de Tripoly
contracta auec le Sultan des Sarazins, se fit auec cette cérémonie, et
qu'ils y bûrent du sang l'vn de l'autre.
* * * * *
"Cette fraternité se contractoit encore par l'attouchement des armes, en
les faisant toucher reciproquement les vnes aux autres. Cette coûtume
estoit particuliere aux Anglois, auant que les Normans se rendissent
maîtres de l'Angleterre, principalement lorsque des communautez entieres
faisoient entre eux vne alliance fraternelle, en vsans de cette maniere,
au lieu du changement reciproque des armes, qui n'auroit pas pû s'executer
si facilement.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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