The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 1: Acadia, 1610-1613
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 1: Acadia, 1610-1613
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
Il a esté malade, et ce qui est plus, jugé à mort par les _aoutmoins_
ou sorciers du pays. Or est la coustume que dès aussitost que les
Aoutmoins ont sentencié la maladie ou plaie estre mortelle, dès lors
le patient ne mange plus; aussy ne luy donne-t-on rien. Ains, prenant
sa belle robe, il entonne luy-mesme le chant de sa mort; après lequel
cantique, s'il tarde trop à mourir, on luy jette force seaux d'eau
dessus, pour l'advancer, et quelquefois l'enterre-t-on à demy vif. Or
les enfants de Membertou, quoy que chrestien, se preparoient à user
de ce beau devoir de pieté envers leur père; jà ils ne luy donnoient
plus à manger, et luy ayant prins sa [28] belle robe de loutre, avoit,
comme un cygne, chanté et conclu sa Nænie ou chant funerail. Une chose
l'affligeoit encore, c'est qu'il ne sçavoit pas pomment il debvoit
bien mourir en chrestien, et qu'il ne disoit point adieu à M. de
Potrincourt. Ces choses entendues, M. de Potrincourt vint à luy, luy
remonstre et l'asseure qu'en despit de tous les Aoutmoins et Pilotois,
il vivroit et recouvreroit santé, s'il vouloit manger; ce qu'il estoit
tenu de faire, estant chrestien. Le bon homme crut, et fut sauvé;
aujourd'huy il raconte cecy avec grand contentement, et rememore bien à
propos comme Dieu a misericordieusement en cela fait entendre la malice
et mensonge de leurs aoutmoins.
Je raconteray icy un autre faict du mesme Sieur de Potrincourt, et
qui a beaucoup proffité à toute cette gentilité. Un sauvage chrestien
estoit mort, et (marque de sa constance) il avoit mandé icy à
l'habitation, pendant sa maladie, qu'il se recommandoit aux prieres.
Après sa mort, les autres Sauvages se preparoient de l'enterrer à leur
mode: leur mode est qu'ils prennent tout ce qui appartient au defunct,
peaux, arcs, utensiles, cabannes, etc. bruslent tout cela, hurlants,
brayants avec certains clameurs, sorceleries et invocations du malin
esprit. M. de Potrincourt delibera de vertueusement resister à ces
ceremonies. Il met donc en armes toutes ses gens, et [29] s'en va
aux Sauvages en main forte, obtient par ce moyen ce qu'il demandoit,
sçavoir est que le corps fust donné à M. le Patriarche, et ainsi
l'enterrement fut faict à la chrestienne. Cet acte, d'autant qu'il n'a
pû estre contrarié par les Sauvages, a esté loué par eux, et l'est
encores.
La chappelle qu'on a eue jusque à maintenant, est fort petite, pirement
accomodée, et en toutes façons incommode à tous exercices de religion.
Pour remede, M. de Potrincourt nous a donné tout un quartier de
son habitation, si nous pouvons le couvrir et accomoder. Seulement
j'adjousteray encore un mot, que plusieurs seront bien ayses et édifiés
d'ouïr.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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