The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 1: Acadia, 1610-1613
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 1: Acadia, 1610-1613
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
Non moins plaisant est le discours d'un certain Sagamo, qui ayant ouy
raconter de M. de Potrincourt, que le Roy estoit jeune et à marier:
"Peut-estre, dit-il, luy pourray-je donner ma fille pour femme; mais,
selon les us et coustumes du pays, il faudroit que le Roy lui fist de
grands presens: sçavoir, quatre ou cinq barriques de pain, trois de
pois ou de febves, un de petun, quatre ou cinq chapots de cent sols
pièce, avec quelques arcs, flesches, harpons, et semblables denrées."
Voylà les marques de l'esprit de cette nation, qui est fort peu
peuplée, principalement les Soriquois et Etechemins qui avoysinent
la mer, combien, que [34] Membertou assure qu'en sa jeunesse il a
veu _chimonuts_, c'est-à-dire des Sauvages aussi dru semés que les
cheveux de la teste. On tient qu'ils sont ainsi diminués depuis que
les François ont commencé à y hanter: car, depuis ce temps-là, ils ne
font tout l'esté que manger; d'où vient que, prenant une tout autre
habitude, et amassant de humeurs, l'automne et l'hyver ils payent
leurs intemperies par pleurésies, esquinances, flux de sang, qui les
font mourir. Seulement cette année, soixante en sont morts au Cap de
la Hève, qui est la plus grande partie de ce qu'ils y estoient; et
neantmoins personne du petit peuple de M. de Potrincourt n'a esté
seulement malade, nonobstant toute l'indigence qu'ils ont paty; ce qui
a faict apprehender les Sauvages que Dieu nous deffend et protége comme
son peuple particulier et bien-aymé.
Ce que je dis de cette rareté d'habitants de cette contrée, se doict
entendre de ceux qui paroissent en la coste de la mer; car, dans les
terres, principalement des Etechemins, il y a force peuple, à ce qu'on
dit. Toutes ces choses conjoinctes avec la difficulté du langage, le
temps qu'il y faudra consommer, les despends qu'il y faudra faire,
les grandes incommoditez et labeurs et disettes qu'il faudra endurer,
declarent assez la grandeur de cette entreprise, et les difficultés qui
la pourront traverser. Toutes [35] fois plusieurs choses m'encouragent
à la poursuite d'icelle.
Premierement l'esperance que j'ay en la bonté et providence de Dieu.
Esaïe nous assure que le royaume de nostre Redempteur doict estre
recognu par toute la terre, et qu'il ne doict avoir ni antres de
dragons, ni cavernes de basilisques, ni rochers inaccessibles, ni
abysmes tant profonds que son humanité n'adoucisse, son salut ne
guerisse, son abondance ne fertilise, son humilité ne surhausse,
et enfin que sa croix ne triomphe victorieusement. Et pour quoy
n'esperay-je que le temps est venu auquel cette prophetie doict estre
accomplie en ces quartiers? Que si cela est, qu'y a-t-il de tant
difficile que nostre Dieu ne puisse faciliter?
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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