The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 2: Acadia, 1612-1614
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 2: Acadia, 1612-1614
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
Nous avions advancé jà bien trois lieuës, et le flot nous manquant
nous estions mis à l'anchre au milieu de la riviere; quand voicy que
nous descouvrons six canots Armouchiquois venir à nous. Ils estoyent
24 personnes dedans, tous gens de combat. Ils firent mille tentatives
et ceremonies avant que nous aborder. Vous les eussiez parfaictement
comparez à une troupe d'oyseaux, laquelle desire d'entrer en une
cheneviere, mais elle craind l'espouvantail. Cela nous plaisoit fort,
car aussy nos gens avoyent besoin de temps pour s'armer et pavier.
Enfin ils vindrent et revindrent, ils recogneurent, considererent
finement nostre nombre, nos pieces, nos armes, tout; et la nuict venuë,
ils se logerent à l'autre bord du fleuve, sinon hors la portée, du
moins hors la mire de nos canons.
We had already advanced three good leagues, and had dropped
anchor in the middle of the river waiting for the tide, when we
suddenly discovered six Armouchiquois canoes coming towards us.
There were twenty-four persons therein, all warriors. They went
through a thousand maneuvers and ceremonies before accosting us,
and might have been compared to a flock of birds which wanted to
go into a hemp-field but feared the scarecrow. We were very much
pleased at this, for our people also needed to arm themselves and
arrange the pavesade. In short, they continued to come and go; they
reconnoitred; they carefully noted our numbers, our cannon, our
arms, everything; and when night came they camped upon the other
bank of the river, if not out of reach, at least beyond the aim of
our cannon.
Toute la nuit ce ne fust que haranguer, chanter, danser; car telle est
la vie de toutes ces gens lorsqu'ils sont en troupe. Or comme nous
presumions probablement que leurs chants et danses estoyent invocations
du diable, pour contrecarrer l'empire de ce maudict tyran, je fis que
nos gens chantassent [65] quelques hymnes eclesiastiques, comme le
_Salve_, l'_Ave Maris stella_ et autres. Mais comme ils furent une
fois en train de chanter, les chansons spirituelles leur manquant,
ils se jetterent aux autres qu'ils sçavoyent. Estant encores à la fin
de celles cy, comme c'est le naturel du François de tout imiter, ils
se prindrent à contrefaire le chant et danse des Armouchiquois, qui
estoyent à la rive, les contrefaisant si bien en tout, que, pour les
escouter, les Armouchiquois se taysoient; et puis nos gens se taysans,
reciproquement eux recommençoyent. Vrayment il y avoit beau rire: car
vous eussiés dict que c'estoyent deux chœurs qui s'entendoient fort
bien, et à peine eussiés vous pû distinguer le vray Armouchiquois
d'avec le feinct.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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