The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 3: Acadia, 1611-1616
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 3: Acadia, 1611-1616
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
Ces raisons estoient par trop euidentes, mais ledict sieur ne fut
pas d'aduis, qu'on remuast le malade en aucune des cabanes de [160]
l'habitation, ains luy en fit dresser vne au dehors, où le malade
fut transporté. Ce changement ne luy profita point: car il deteriora
déslors manifestement, & mourut quatre ou cinq iours apres. Ce
neantmoins les Iesuites ne mãquer[~e]t iamais de l'aider, & assister,
luy fournissants toutes choses à leur possible: & le seruants iusques
à sa mort. Ce bon Sauuage s'estant confessé, & receu l'extreme-onction
dit au sieur de Biencourt, qu'il vouloit estre enterré auec ses
peres & progeniteurs. Le P. Biard resista fort à ceste proposition,
l'admonestant ne luy estre loisible estant Chrestien de vouloir
estre enterré auec des Pay[~e]s damnés; veu mesmes qu'en cela il
bailleroit vn grand scandale, d'autant que les Sauuages oyants, &
voyants qu'il n'auroit voulu estre enterré auecques nous; facilem[~e]t
[161] entreroyent en soupçon qu'il n'auroit esté Chrestien, que par
apparence. En tout cas, que tout cela sembleroit tousiours vn mespris
de la sepulture Chrestienne, &c. Le sieur de Biencourt repliqua pour
Membertou qu'on feroit benir le lieu, & qu'on l'auoit ainsi promis
audit Membertou. Le P. Biard respondit, que cela ne se pouuoit faire:
d'autant que pour benir ledit lieu il faudroit deterrer les Payens y
enseuelis, ce qui seroit pour se faire abominer de tous les Sauuages, &
sentiroit par trop son impieté. Les raisons ne seruoyent de rien, parce
que le malade estimant que le sieur de Biencourt fust de son costé,
persistoit en sa deliberation. Le P. Biard pour leur donner à entendre
que cest affaire estoit plus important, qu'ils ne pensoyent, leur
denonça, que cest enterrement se feroit [162] sans luy, & qu'il le leur
donnoit à entendre dés lors, protestant qu'il renonçoit à tous tels
conseils, & resolutions, & sur ce s'en alla. Toutesfois, à ce que le
malade ne pensast, que ce qu'estoit deuoir & charité ne fust cholere;
il reuint en moins d'vn' heure apres, & retourna seruir le malade comm'
au parauant. Dieu fauorisa son bon dessein, car le matin suiuant le
Sauuage de soy mesme changea d'aduis, & dit vouloir estre enterré au
commun cemetiere des Chrestiens, à fin de tesmoigner à tous sa foy,
& pouuoir estre participãt des prieres, qu'il y auoit veu faire. Il
mourut en fort bõ Chrestien, & son decés contrista fort les Iesuites,
car ils l'aimoyent, & estoyent aimés de luy reciproquement. Souuent
il leur disoit: Apprenés tost nostre langage: car quand vous l'aurés
apprins vous [163] m'enseignerez, & moy enseigné deuiendray prescheur
cõme vous autres, nous conuertirons tout le pays. Les Sauuages n'ont
pas memoire d'auoir eu iamais vn plus grand Sagamo ny plus autorisé.
Il estoit barbu comm'vn François. Et pleust à Dieu, que tous les
Frãçois fussent autãt auisés & discrets comm'il estoit. Tel est le
recit veritable de la maladie, & mort de Membertou. Sur lequel ie ne
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