The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 4: Acadia and Quebec, 1616-1629
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 4: Acadia and Quebec, 1616-1629
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
peuuent emmener prisonniers iusques en leurs cabanes ils leur font
endurer des cruautez nompareilles, les faisant mourir à petit feu: &
chose etrange! pendant tous ces tourmens, le patient chante tousiours,
resputans à deshonneur s'ils crient & s'ils se plaignent. Apres que
le pati[~e]t est mort, ils le mangent, & n'y a si petit qui n'en ait
sa part, ils font des festins ausquels ils se conuient les vns les
autres, & mesme ils conuient quelques François de leur cognoissance,
& en ces festi[n]s ils donnent à chacun sa part dans des plats ou
escuelles d'escorce & lors que ce sont festins à tout manger, il ne
faut rien laisser, autremement vous estes obligez à payer quelque
chose, & perdriez la reputation de braue [7] homme. Aux festins qu'ils
font pour la mort de quelqu'vn ils font la part au defunt aussi bien
qu'aux autres, laquelle ils iettent dans le feu, & se donnent bien
garde que les chiens ne participe[~e]t à ce festin; & pource ramassent
tous les os & les iettent dans le feu. Ils enterrent les morts & auec
eux tout ce qu'ils auoient, comme chandeliers, peaux, cousteaux, &c.
Et comme ie demãday vn iour à vn vieillard pourquoy ils mettoient tout
ce bagage dans les fosses, il me respondit qu'ils le mettoient afin
que le mort s'en seruist dans l'autre monde; & comme ie luy repartis
que toutes les fois que lon regardoit dãs les fosses on y trouuoit
tousiours le bagage, qui estoit vn temoignage que le mort ne s'en
seruoit pas; il me respõdit, qu'à la verité le corps des chaudieres,
peaux, cousteaux, &c. demeuroit; mais que l'ame des chaudieres,
cousteaux, &c. s'en alloit dans l'autre monde auec le mort, & que là
il s'en seruoit. Ainsi ils croyent, (comme V.R. void) l'immortalité
de nos Ames; & de fait ils asseurent qu'apres la mort, ils vont au
Ciel où elles mangent des champignons, & se communiquent les vnes auec
les autres. Ils appellent le Soleil IESVS; & lon tient en ce païs que
ce sont les Basques qui y ont cy-deuant habité, qui sont Autheurs de
ceste denomination. De là vient que quand nous faisons nos Prieres,
il leur semble que comme eux nous addressons nos Prieres au Soleil. A
ce propos du Soleil, ces Sauuages icy croyent que la terre est percee
de part en part, & que lors qu'il se couche, il est caché en vn trou
de la terre, & sort le lendemain par l'autre. Ils n'ont aucun culte
diuin, ny aucunes sortes de Prieres. Ils croyent neantmoins qu'il y en
a Vn qui a tout fait; mais pourtant ils ne luy rendent aucun honneur.
Entr'eux ils ont quelques personnes qui font estat de parler au Diable;
ceux là sont aussi les Medecins, & guarissent de toute maladie. Les
Sauuages craignent grandement ces gens-là, & les caress[~e]t de peur
qu'ils n'en reçoiuent du mal. Nous apprendrons peu à peu ce qui est des
autres Nations, lesquelles sont plus stables en leurs demeures; Car
pour celles-cy où nous sommes maintenant auec les François, elle est
seulement vagabonde six mois l'annee, qui sont les six mois d'Hyuer,
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