The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 4: Acadia and Quebec, 1616-1629
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 4: Acadia and Quebec, 1616-1629
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
Ils arriuerent à l'Isle de Faeal, qui est vne des Açores, & ne
se pensoyent à leur arriuée, que d'anchrer aupres de la ville,
d'enuoyer leur batteau pour se charger d'eau, de laquelle ils auoyent
principalement besoin, & achepter quelque peu de biscuit, & autres
necessitez plus pressantes. En ceste façon il estoit fort facile [288
i.e., 290] de cacher les Iesuites, parce qu'on ne visite gueres,
que fort legerement ceux qui sont loin de terre, & puis la visite
passee: tout le peril est passé. Ceste consideration fit resoudre tant
facilem[~e]t le Capitaine à ne pas vser de cruauté. Mais la fortune
trouua bien autres tours, & destours qu'il ne p[~e]soit: car il luy
fallust entrer dans le haure, & se tenir à la veuë de la ville, & des
autres nauires. Là de sinistre accident, nostre nauire s'alla heurter
contre vne carauelle Espagnolle, chargée de succre, & luy rompit son
beau-pré; l'Espagnol pensa que ce fut vn guet à pens, à celle fin de
surprendre son vaisseau, & le voler: tout ainsi qu'auoit faict vn
François dans le mesme port, cinq semaines au parauãt, & partant se
print à crier au coursaire, faisant armer ses gens, & peu s'en fallut
que lon [289 i.e., 291] ne vinst aux mains. Grand bruit & grande
esmeute dans la ville, & par tous les nauires qui estoyent là, grand
alarme. Il fallust que le Capitaine allast à terre, & y demeurast pour
gages, & asseurance: encores ne pouuoit-on croire, qu'il fut autre que
Pirate. on vint visiter & reuisiter le nauire, & les Iesuites ioüoyent
comme l'on dit a esconsailles, de trou en cachot, & de cachot en fonds,
tousiours en quelque nouuelle musse. Or sur le vif, & le chaud des
soupçons, & grabuge, les Espagnols venants visiter les pauures Peres
& le garcon Francois estoyent derriere vne chaloupe se tenant coys
& sans souffler, car si seulement ils eussent soufflé vn peu gros,
ou remué la main ou le pied, ils eussent esté descouuerts. La chose
estoit si hazardeuse, que nos Anglois en transissoyent de [290 i.e.,
292] male-peur. Mais les Iesuites leur voulurent constamment garder la
foy pour plusieurs raisõs, & entre autres, pour faire voir par effect
aux calomniateurs de l'Eglise Catholique, qu'à tort, & contre verité
ils luy imposent d'enseigner, qu'il ne faut point garder la foy aux
heretiques. Ce qu'est totalement faux, & contre sa doctrine. Mais
reuenons aux Espagnols, ils n'apperceurent iamais lesdits peres en leur
visite, & s'en allerent en fort bonne opinion des Anglois, qui les
voyants dehors, & reuenants à soy de la grande apprehension en laquelle
ils auoyent esté, se prindrent à faire tant de caresses aux Peres, &
tant de feste en recognoissance de leur sincérité, qu'en pourroy[~e]t
faire vne troupe de bons parents & amys s'entre rencontrants en paix
apres vne absence, & separation [291 i.e., 293] de bien long temps.
Les mesmes Anglois ont souuent depuis loüangé lesdicts Peres en la
presence de leurs Ministres en Angleterre de ceste leur fidelité, & les
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