The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 5: Quebec, 1632-1633
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 5: Quebec, 1632-1633
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
auec les Anglois, & puis auec les Sauuages de sa natiõ: Dieu vueille
que la cognoissance de leur heresie & de leurs vices (car il auouë que
les Anglois sont dissolus iusques au dernier point) n'empesche pas que
la premiere semence qu'on a iettée dãs son ame ne produise les fruits
que le Ciel attend, & que nous esperons. Mais venons au Conseil de
sa natiõ. Estant assemblé, le sieur de Chãplain nous fit appeller.
I'ay appris que Louïs XI. tint vn iour son conseil de guerre en la
campagne, n'ayant pour throsne ou pour chaire qu'vne piece de bois, ou
vn arbre abbattu qu'il rẽcontra par fortune au milieu d'vn champ. Voila
le portraict du conseil des Hurons, excepté qu'ils sont assis encore
vn peu plus bas, c'est à dire à platte terre, tous pesle-meslez sans
[273 i.e., 173] aucun ordre, sinon que ceux d'vne nation ou village se
mettent les vns pres des autres, pendant qu'on dispute en France de la
preseance, & qu'õ s'amuse à presenter vne chaire à celuy qu'on iugeroit
impertinent de l'accepter, on auroit acheué, & conclu trois cōseils
parmy les Sauuages, qui au bout du conte ne laissent point d'estre fort
graues, & serieux dans leurs harangues assez longues: ils estoient
enuiron soixante hommes en leur assemblée sans conter la ieunesse qui
estoit esparse çà & là. Chaqu'vn s'estant placé le mieux qu'il pût, vn
Capitaine commença sa harangue, le sommaire estoit que la nation des
Hurons, des Ours & autres estoient assemblées pour tenir cõseil auec
les Frãcois. Sa harãgue finie tous les Sauuages pour approbation de ce
discours tirerent du profond de l'estomach ceste aspiration, _ho, ho,
ho_, releuant [374 i.e., 174] fort la derniere syllabe. Ceste harangue
finie, & le conseil declaré legitimemẽt assemblé par cette belle
approbation, le mesme Capitaine en recommença vne autre, qui ne vouloit
dire autre chose sinon qu'ils estoyẽt venus voir leurs amis & leurs
freres les François, & pour affermir ceste amitié & alliance, qu'ils
offroient tous des presens à leur capitaine le Sieur de Champlain,
& là dessus luy presenterent trois paquets de robbes de castor. La
conclusion fut que tous les Sauuages approuuerent ceste harangue par
leur aspiratiō de ho! ho! reïterée, & les François par l'acceptation
des presens qu'on offroit. Le mesme capitaine poursuivãt son discours,
disant que tous ces peuples se resiouïssoyent du retour du Sieur de
Champlain, & qu'ils se venoyent tous chauffer à son feu: le bois qu'ils
y mirent furent encore [275 i.e., 175] deux ou trois paquets de robbes
de castor dont ils luy firent present. Sur l'heure mesme ce troisiesme
discours fut approuué comme le second.
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