The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 5: Quebec, 1632-1633
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 5: Quebec, 1632-1633
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
On the 21st of December, God sent us two little pensioners,
Manitougache having presented to us a little one whose life he
had saved, and whom we accepted; and, as we were afraid that he
would be lonesome, we thought to try and find another to keep him
company. At the same time, a woman came bringing her little son,
about seven years old. When we saw him, we said to each other,
"This is just what we wanted." I at once asked [59] the mother, if
she would not like to give us her child, saying that we would care
for it as best we possibly could. "Ah," said she, "I came here to
beg Manitougache to give him to you and to beg you to take him."
God knows how happy we were! Oh, how admirable is his providence!
Le plus âgé que nous a donné Manitougache n'a ny pere ny mere, celuy-là
nous est bien asseuré, nous luy auons donné nom Fortuné, en attendant
qu'il soit capable d'estre baptisé. ô qu'il a rencontré vne bõne
fortune! Estant à Tadoussac, cõme il estoit delaissé de tout le monde,
vn Sauuage presenta vne harquebuse à nostre Pierre, luy disant, tuë ce
miserable enfant, aussi bien n'aiãt point de parents, il sera toute sa
vie abandonné d'vn chacun: Nostre [60] Sauuage entendant cela en eut
compassion, il le retira, & l'a nourry iusques à present qu'il nous
l'a donné. Nous auons appelle le plus ieune Bienuenu, celuy-cy a de
l'esprit, il est d'vn naturel complaisant, & flatteur: Nous ne sommes
pas si asseurez qu'il nous demeure, car les Sauuages sont extrémement
changeãs & volages. Vn sien parent entendant qu'il nous estoit donné,
s'y voulut opposer, disant que leur Capitaine auoit defendu qu'on
ne donnast aucun enfant aux François: la mère de l'enfant suruient
là dessus, & dit que le Capitaine n'a point nourry son fils, & par
conseqẽt ce n'est pas à luy d'en disposer, si bien à elle qui en estoit
la mère, & qui l'auoit tousiours éleué dés sa ieunesse. Le pere de
l'enfant ayant sceu que son ancienne femme qu'il a quittée nous l'auoit
donné, en a esté bien aise, disant qu'il seroit [61] très-bien auec
nous. Celuy qu'on nous auoit promis l'an passé voudroit bien estre
maintenant auec les deux autres: mais il n'est pas encore temps de
s'ẽ charger, il ne faut point embrasser par dessus ses forces. C'est
vn plaisir de voir ces deux enfans, ce sont mes petits escoliers, ils
commẽcent à lire, ils sçauent prier Dieu en Latin, & en leur langue.
Ils nous fõt quelquefois rire par leurs petits discours: deuant qu'ils
mangent nous leur saisons dire le _Benedicite_. Voila pourquoy quand
ils veulent mãger; ils s'en viennent nous dire, Mon Père, _Benedicite_:
c'est à dire, donnez moy à disner. Comme ils voyoient donner à
manger à vn petit chien, ils nous disoient qu'il n'auoit pas dit son
_Benedicite_. Ie m'en vay, dit l'vn d'eux, le dire pour luy; comme
nous rions, son compagnõ luy dit, _nama irinisionakhi attimoukhi_, les
chiens n'ont point [62] d'esprit, ils ne disent pas leur _Benedicite_,
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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