The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 6: Quebec, 1633-1634
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 6: Quebec, 1633-1634
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
These poor wretches sing also in their sufferings, in their
difficulties, in their perils and dangers. During the time of our
famine, I heard nothing throughout these cabins, especially at
night, except songs, cries, beating of drums and other noises; when
I asked what this meant, my people told me that they did [73] it
in order to have a good chase, and to find something to eat. Their
songs and their drums also play a part in the witchcraft of the
sorcerers.
Il faut que ie couche icy, ce que ie leurs vis faire le douxiesme
Feurier, comme ie recitois mes heures sur le soir, le sorcier se mit à
parler de moy _aïamtheou_, il fait ses prieres, dit-il: puis prononçant
quelques paroles, que ie n'entendis pas, il adiousta _Niganipahau_; ie
le tueray aussi tost: la pensée me vint qu'il parloit de moy, veu qu'il
me haïssoit pour plusieurs raisons, comme ie diray en son lieu: mais
notamment pource ce que ie taschois de faire veoir que tout ce qu'il
faisoit n'estoit que badinerie & puerilité: Sur cette pensée qu'il me
vouloit oster la vie, mon hoste me va dire, n'as tu point de poudre
qui tuë les hommes? pourquoy, luy dis-ie, ie veux tuer quelqu'vn,
me respond il? ie vous laisse à penser si i'acheuay mon office sans
distraction, veu que ie sçauois fort bien qu'ils n'auoient garde de
faire mourir aucun de leurs gens, & que le sorcier m'auoit menacé de
mort [74] quelques iours auparauant, quoy qu'en riant, me dit il apres:
mais ie ne m'y fiois pas beaucoup, voyant donc ces gens en action, ie
r'entre dans moy-mesme, suppliant nostre Seigneur de m'assister, & de
prendre ma vie au moment & en la façon, qu'il luy plairoit: neantmoins
pour me mieux disposer à ce sacrifice, ie voulus voir s'ils pensoient
en moy, ie leur demanday donc où estoit l'homme qu'ils vouloient faire
mourir, ils me repartent qu'il estoit vers Gaspé à plus de cens lieuës
de nous. Ie me mis à rire, car en verité ie n'eusse iamais pensé qu'ils
eussent entrepris de tuer vn homme de cens lieuës loin. Ie m'enquis
pourquoy ils luy vouloient oster la vie. On me respondit que cest homme
estoit vn sorcier Canadien, lequel ayant eu quelque prise auec le
nostre, l'auoit menacé de mort, & luy auoit donné la maladie, qui le
trauailloit depuis vn long temps, & qui l'alloit estouffer dans deux
iours, s'il ne preuenoit le coup par son art: ie leurs dis que Dieu
auoit deffendu de tuer, & que nous autres, ne faisions mourir personne:
cela n'empescha point [75] qu'ils ne poursuiuissent leur pointe. Mon
hoste preuoiant le grand bruit qui se deuoit faire, me dit, tu auras
mal à la teste, va-t en en l'autre cabane voisine: non, dit le sorcier,
il n'y a point de mal qu'il nous voye faire. On fit sortir tous les
enfans & toutes les femmes, horsmis vne qui s'assit aupres du sorcier:
Ie demeuray donc spectateur de leurs mysteres, auec tous les Sauuages
des autres cabanes qu'on fit venir: Estans tous assis, voicy vn ieune
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