The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 7: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1635
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 7: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1635
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
Très humble salut en celuy qui est le salut de tous les hommes. Je
ne scay pas si je deviens sauvage conversant tous les jours avec les
sauvages, mais je scay bien que ce n'est pas tant la communication
de leur barbarie que le respect que je dois à Votre Grandeur qui m'a
empesché jusques icy de me donner l'honne[u]r de vous escrire. Or je
crains que cette retenue ne me jette dans l'ingratitude veu mesme
qu'il est bien difficile de demeurer tous les jours dans l'estonnement
de vos grandes actions et de vos bienfaits sans que la langue rende
quelque témoignage du sentiment de son cœur. Toute l'Europe, voire tout
l'ancien monde, vous regarde avec admiration. L'Eglise vous chérit et
vous honore comme l'un de ses plus grands princes toute ravie de joie
de voir l'orgueil de ses enemis terrassés par vostre conduite. Toute
la France vous doit sa guérison ayant dissipé le venin qui luy gagnoit
le cœur. hélas! que de malheurs luy seroient arrivés depuis quelques
années si ce poison fut demeuré en sa force au milieu de l'Etat. Les
amis et les alliés de la plus noble couronne de l'univers n'ont pas
assez de paroles pour recognoistre vos bienfaits et ses ennemis n'ont
plus de cœur devant vous. Vous scavez donner la paix et la guerre comme
vous possédez également la bonté et la Justice. La terre est trop
petite pour vos soins. Les mers recognoissent vostre puissance c'est
vous qui alliez la Nelle France à l'ancienne et tous ces peuples qui ne
cognoissent pas encore le vray Dieu commencent à cognoistre et admirer
vostre authorité et jouir des doux fruits de vostre bienveillance.
Je contemple tout cecy avec étonnement, mais je suis ravy quand je
voy vostre esprit sans quitter le soin des grandes affaires prendre
des pensées et des affections si douces et si fortes pour un petit
nombre de personnes logées au bout du monde. Je parle des religieux de
nostre compagnie que vous honorés d'une affection particulière en ces
dernières contrées. Je ne scaurois lire sans admirer vostre bonté la
recommandation que ie garde encore signée de vostre propre main par
laquelle nous prenant soubs vostre protection vous commandiez à ceux
qui suivant vos ordres venoient retirer le pays d'entre les mains des
Anglois de nous traiter favorablement sur peine d'en repondre en leur
propre personne. Il eut fallu avoir un cœur de bronze pour n'avoir
point de sentiment à la veue de cette recommandation qui nous fut
apportée en la Nelle France de vostre part et qui essuia une bonne
partie de la tristesse que nous avions de voir ce païs en la déplorable
estat depuis un si longtems que nos François le possédoient mais il va
tous les jours changeant de face depuis que vous le daignés honorer
de vos soins. Ces Messieurs de la Nvelle Compagnie y ont plus faict
de bien en un an que ceux qui les ont devancés en toute leur vie. Les
familles commencent à s'y multiplier et nous pressent déjà d'ouvrir
quelque escole pour instruire leurs enfans et que nous commencerons
bientost Dieu aidant.
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