The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 7: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1635
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 7: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1635
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
Ie ne diray rien du zele de ceux, dont l'ardeur nous échaufe & confond
tout ensemble, dont les secours nous réiouyssent & nous renforcent. Ie
ne parleray non plus des desirs brulans d'vn tres-grand nombre de nos
Peres, qui trouuent l'air de la Nouuelle France vn air du Ciel, puis
qu'on y peut souffrir pour le Ciel, & qu'on y peut ayder les ames à
trouuer le Ciel. Ie passe sous silence quantité d'autres Religieux, qui
ont les mesmes sentiments, & les mesmes volontez. Mais ce qui m'étonne,
c'est qu'vn grand nombre de filles Religieuses, consacrées à nostre
Seigneur, veulent estre de la partie; surmontant la crainte naturelle
[5] à leur sexe, pour venir secourir les pauures filles, & les pauures
femmes des Sauuages. Il y en a tant qui nous écriuent, & de tant de
Monasteres, & de diuers Ordres tres-reformez en l'Eglise; que vous
diriez que c'est à qui se mocquera la premiere des difficultez de la
Mer, des mutineries de l'Ocean, & de la barbarie de ces contrées. On me
mande que la Superieure d'vne Maison tres-reglée, sollicitée de donner
de ses Filles pour fonder vn Conuent de son Ordre en quelque ville
de France, a respondu qu'elle n'auoit point de Filles, sinon pour la
Nouuelle France, & pour l'Angleterre, au cas que Dieu y fist rentrer la
foy Catholique. Vne autre non moins zelée, m'ayant déduit les grandes
deuotions qu'on fait en sa Maison, pour l'heureuse conuersion de ces
Peuples, dit que la Relation [6] de l'an passé, capable d'étonner vn
courage assez fort, non seulement n'a point ébranlé le cœur de ses
Filles, ains au contraire les a tellement animées, que treize d'entre
elles ont signé de leur propre main vn vœu, qu'elles ont fait à Dieu
de passer en la Nouuelle France, pour y exercer les fonctions de leur
Institut, s'il plaist à leurs Superieurs de leur permettre. I'ay receu,
veu, & leu ce vœu auec étonnement. I'en sçay vne autre, qui apres auoir
étably plusieurs Monasteres de son Ordre en France, tiendroit à vne
grande faueur de Dieu, si elle venoit finir ses iours dans vne petite
maisonnette, dediée au seruice des petites Sauuages, qui vont errantes
parmy ces grands bois. A tout cela ie ne dis rien autre chose, sinon
que _Digitus Dei est hîc_, que la main de Dieu conduit cette entreprise.
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