The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 7: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1635
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 7: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1635
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
Le 3. de Nouembre de la mesme année, le Pere Charles l'Allemant baptisa
vn ieune Sauuage aagé d'enuirõ vingt cinq ans, nommé de ceux de sa
nation _Matchonon_, surnommé des François Martin, il receut le nom
de Ioseph en son baptesme. Les iugemens de Dieu sont épouuantables,
ce pauure miserable a fait vne mort horrible. C'est celuy dont ie
parle au Chapitre deuxiesme de la Relation de l'an passé, lequel eust
volontiers [24] diuerty s'il eust peu le bon François Sasousmat de
receuoir la Foy, & qui disputant certain iour contre le Pere Brebeuf,
profera ce blaspheme, qui luy a fait perdre la vie du corps, &
peut-estre de l'ame. Tu nous conte, que c'est par la conduite de ton
Dieu, que nous trouuons dequoy manger, dis luy qu'il m'empesche tant
qu'il pourra de prendre des Castors, & des Elans, & tu verras que ie
ne laisseray pas d'en prẽdre malgré luy. Vn de nos François saisy d'vn
grand zele, entendant ceste impieté, fut tout prest de se ietter sur
luy, & l'auroit bien battu n'eust esté la presence du Pere. Ce pauure
impie n'a onques depuis ce blaspheme, tué ny Castor ny Elan. Il s'en
alla au dessus des trois Riuieres, où la maladie le terrassa. Le Pere
Brebeuf montant aux Hurons l'an passé le rencontra, & le voyant dans
[25] vn estat pitoyable luy demanda combien il auoit tué d'animaux
depuis son blaspheme; le pauure homme demeura tout confus: le Pere
en eut compassion, & luy dit qu'il m'écriroit ce rencontre, & qu'il
se promettoit bien qu'on le secoureroit s'il vouloit demander à Dieu
pardon, & receuoir sa creance; quelque temps apres que i'eu receu
la lettre du Pere, nous nous en allasmes le Pere Buteux & moy en la
nouuelle habitation des trois Riuieres, pour commencer la Residence
de la Conception: nous trouuasmes ce blasphemateur nud comme vn ver,
tout malade, couché sur la terre, n'ayant pour toutes richesses
qu'vne méchante écorce, vne cabane de Sauuages qui estoient là luy
refusant le couuert. Son frere l'auoit amené proche de l'habitation
de nos François, & l'auoit quitté là, [26] nous luy demandasmes s'il
ne recognoissoit pas la vengeance de Dieu, n'ayant peu rien prendre
depuis son impieté, Ie n'ay garde, fit-il, d'auoir peû rien prendre,
car i'ay tousiours esté malade. Mais ne vois tu pas que c'est Dieu
qui t'a chastié par ceste maladie? Peut-estre que tu dis vray, me
respond-il. Ie luy voulu dire que son frere n'auoit point de compassion
de luy, il l'excusa bien à propos. Que veux tu qu'il face, comment me
traisnera-il dans ce bois, où il va chercher sa vie? Mais encor si
ta nation auoit pitié de toy? Que ne dis-tu à ces Sauuages qu'ils te
reçoiuent en leur cabane, ou bien qu'ils te donnent vn peu d'écorce
pour en faire vne petite? Il n'osa iamais leur parler tant ils sont
honteux de s'importuner les vns les autres: mais il me dit tout bas
que ie leur demandasse: ie le fis tout sur l'heure en sa presence:
au [27] commencement ils ne me donnerent aucune response, en fin
vne femme me dit, qu'ils s'en alloient biẽ tost cabaner en vn autre
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