The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 7: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1635
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 7: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1635
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
endroit, & qu'ils n'auoient point trop d'escorce pour eux. Bref ce
mal-heureux voyant que la barque qui nous auoit amené retournoit
à Kebec, me pria de luy faire porter. Car nous ne le pouuiõs pas
loger, nostre maison en ce premier commencement n'estoit que quelques
busches de bois iointes les vnes auprés les autres, enduites par les
ouuertures d'vn peu de terre, & couuertes d'herbes, nous auions en
tout douze pieds en carré pour la Chapelle, & pour nostre demeure,
attendant qu'vn bastiment de charpente qu'on dressoit fust acheué.
Voyant donc qu'il estoit impossible de le secourir, ie prie qu'on le
reçoiue dans la barque, ce qui fut fait; on l'apporte à Kebec, où les
[28] Sauuages le delaisserẽt. Le Pere l'Allemant le voyant abandonné
le fait venir en nostre maison, ce qu'il souhaitoit grandement; Tous
les iours vn de nos Freres le pansoit, & le Pere l'instruisoit pour
le rendre capable du baptesme. Or comme on le iugeoit en danger de
mort le Pere le baptisa, & l'a fait nourrir & panser tout l'hyuer.
Retournant sur le Printemps des trois Riuieres, ie fus bien aise de le
voir, esperant qu'il m'instruiroit en la cognoissance de sa langue, &
que ie luy enseignerois plus à loisir les veritez de nostre creance.
A peine estois-je arriué que son frere suruint, luy bien ioyeux de
voir me demande permission de s'en aller auec luy aux trois Riuieres,
ie l'en détournay le plus qu'il me fut possible, preuoyant bien sa
ruine s'il retournoit parmy les Sauuages: ie luy promets toute [29]
assistance s'il vouloit demeurer: Non, me fit-il, ie desire d'aller
voir la haut mes parens. Or comme ie cognois bien le genie de ces
Barbares, ie luy dis que les Sauuages le ietteroient bientost hors de
leurs cabanes, qu'ils ne luy donneroient gueres à manger, & en fin se
lassans de luy, qu'ils le tueroient. Il se mit à rire, me disant qu'ils
n'en viendroient pas là. Ie le menace que s'il s'en va, que nous ne
le receurons plus iamais; il n'y eut pas moyen de l'arrester. Estant
aux trois Riuieres, le Pere Buteux qui estoit là, luy voulut faire
recognoistre le mal qu'il luy pouuoit arriuer de nous auoir quitté;
il s'en mocqua; il le menaça des iugemens de Dieu, il repartit qu'il
endureroit aussi bien les feux dans l'enfer, qu'il auoit souffert le
froid pendant l'hyuer. Au commencement les Sauuages le tenoient [30]
dans leurs cabanes, mais venans à s'en lasser ils le placẽt dehors, le
voila abbrié du Ciel & d'vne escorce, on ne luy donne plus qu'vn peu
de poisson, & peu souuent: luy se doutãt quasi de ce que ie luy auois
predit; car il n'ignore pas les coustumes de sa nation, dit au Pere
Buteux qui s'en reuenoit faire vn tour à Kebec, Ton frere m'a dit que
si ie sortois de vostre maison, qu'il ne m'y receuroit iamais, i'y
voudrois bien estre maintenant, dis-luy, que s'il m'y veut receuoir,
qu'il en écriue à quelque François, & que ie m'y feray transporter à
la premiere occasion. Le Pere estãt arriué, & m'ayant donné cet aduis,
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