The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 7: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1635
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 7: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1635
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
Le iour de sainct François Xauier, nostre pretendu Magicien ayant
sur le soir battu son tambour, & bien hurlé à l'ordinaire, car il ne
manquoit point de nous donner ceste aubade toutes les nuits à nostre
premier sommeil, voyant que tout le monde estoit endormy, & cognoissant
que ce pauure homme faisoit ce tintamare pour sa guarison. I'entray
en discours auec luy, ie commençay par vn témoignage de grand amour
[259] en son endroit, & par des loüanges que ie luy iettay comme
vne amorce pour le prendre dans les filets de la verité. Ie luy fis
entendre que si vn esprit capable des choses grandes comme le sien
cognoissoit Dieu, que tous les Sauuages induis par son exemple le
voudroient aussi cognoistre, aussi tost il prit l'essor, & se mit à
declarer la puissance, l'authorité & le credit qu'il a sur l'esprit
de ses compatriotes, il dit que dés sa ieunesse les Sauuages luy
donnerent le nom de _Khimouchouminau_, c'est à dire nostre ayeul &
nostre maistre, que tout passe par ses aduis, & que chacun suit ses
conseils, ie l'aydois à se loüer le mieux que ie pouuois: car il est
vray qu'il a de belles parties pour vn Sauuage: enfin ie luy dis que
ie m'estonnois qu'vn homme de iugement ne peut recognoistre le peu de
rapport qu'il y a entre ce tintamare & la santé. Quand tu as bien crié
& bien battu ton tambour, que fait ce bruit sinon de t'estourdir la
teste, pas vn Sauuage n'est malade, qu'on ne luy batte les oreilles de
ce tambour, afin qu'il ne meure point, en as-tu veu de dispensez de la
mort; ie te veux faire [260] vne proposition: Escoute moy patiemment,
luy dis-ie, bas ton tambour dix iours durant, chante & faits chanter
les autres tant que tu voudras, fais tout ce qui sera en ton possible
pour recouurer ta santé, si tu n'en guary dans ce temps-là, confesse
que ton tintamare, que tes hurlemens, & que tes chansons ne te
sçauroient remettre en santé, abstiens toy dix autres iours de toutes
ces superstitions, quitte ton tambour, & tous ces bruits dereglez,
demande au Dieu que i'adore, qu'il te donne sa cognoissance, pense &
crois que ton ame doit passer à vne autre vie que celle-cy, efforce toy
d'aymer son bien cõme tu ayme le bien de ton corps, & quand tu auras
passé ces dix autres derniers iours en ceste façon, ie me retireray
trois iours durant en oraison dans vne petite cabane qu'on fera plus
auant dans le bois, là ie prieray mon Dieu qu'il te donne la santé du
corps & de l'ame, toy seul me viendras voir au temps que ie diray, & tu
feras de tout ton cœur les prieres que ie t'enseigneray; promettant à
Dieu que s'il luy plaist de te rendre la santé, tu appelleras tous les
Sauuages de ce lieu, & en [261] leur presence tu brusleras ton tambour,
& toutes les autres badineries dont tu te sers pour les amasser, que tu
leur diras que le Dieu des Chrestiens est le vray Dieu, qu'ils croyẽt
en luy, & qu'ils luy obeïssent, si tu promets cecy veritablement & de
cœur, i'espere que tu seras deliuré de ta maladie, car mon Dieu est
tout puissant.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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