The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 7: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1635
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 7: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1635
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
that they must believe in him and obey him. If thou promise this
truthfully and from thy heart, I hope that thou wilt be delivered
from thy disease, for my God is all-powerful."
Or comme cét homme est tres desireux de recouurer sa santé, il ouurit
les oreilles, & me dit, ton discours est fort bon, i'accepte les
conditions que tu me donne; mais commence le premier, retire toy en
oraison, & dis à ton Dieu qu'il me guarisse, car c'est par là qu'il
faut commencer, & puis ie feray tout ce que tu m'as prescrit: ie ne
cõmenceray point, luy reparty-ie, car si tu estois guary, pendant que
ie prierois tu attribuerois ta santé à ton tambour, que tu n'aurois
pas quitté; & non pas au Dieu que i'adore, lequel seul te peut guarir;
non, me dit-il, ie ne croiray pas que cela vienne de mon tambour, i'ay
chanté & fait tout ce que ie sçauois, & n'ay peu sauuer la vie à pas
vn; moy-mesme estãt malade ie fais ioüer pour me guarir tous [262]
les ressorts de mon art, & me voila plus mal que iamais; i'ay employé
toutes mes inuentions pour sauuer la vie à mes enfans, notamment au
dernier qui est mort depuis peu, & pour conseruer ma femme qui vient de
trespasser, tout cela ne m'a point reüssi, & partant si tu me guaris,
ie n'attribueray point ma santé à mon tambour, ny à mes chansons. Ie
luy répondis que ie ne pouuois pas le guarir; mais que mon Dieu pouuoit
tout, qu'au reste il ne falloit point faire de marché auec luy, ny luy
prescrire des conditions comme il faisoit, disant qu'il me guarisse
premierement, & puis ie croiray en luy: dispose toy, luy fis ie, de
ton costé, & sa bonté ne te manquera pas, que s'il ne te donne la santé
du corps, il te donnera la santé de l'ame qui est incomparablement plus
à priser. Ne me parle point de l'ame, me repart-il, c'est de quoy ie
ne me soucie pas: voila (me monstrant sa chair) ce que i'ayme, c'est
le corps que ie cheris, pour l'ame ie ne la voy point, en arriue ce
qui pourra. As tu de l'esprit, luy fis-ie? tu parle comme les bestes,
les chiens n'ayment que les corps; celuy qui a fait le Soleil [263]
pour t'éclairer, n'a-il rien preparé de plus grand à ton ame, qu'à
l'ame d'vn chien? Si tu n'ayme que ton corps tu perdras le corps &
l'ame, si vne beste pouuoit parler elle ne parleroit que de son corps
& de sa chair, n'as-tu rien par dessus les bestes qui sont faites pour
te seruir? n'ayme-tu que la chair & le sang? ton ame est-elle l'ame
d'vn chien que tu la traite auec vn tel mépris? peut estre que tu
dis vray, me répond-il, & qu'il y a quelque chose de bon en l'autre
vie: mais nous autres en ce pays-cy n'en sçauons rien, que si tu me
rends la santé ie feray ce que tu voudras. Ce pauure miserable ne
peut iamais releuer sa pensée plus haut que la terre: ne voyant donc
aucune disposition en cét esprit superbe, qui croyoit pouuoir obliger
Dieu, s'il croyoit en luy, ie le quittay pour lors, & me retiray pour
reposer, car il estoit bien auant dans la nuit.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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