The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 8: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1636
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 8: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1636
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
Le vingt-huictiesme & vingt-neufiesme, deux sœurs ont esté enrollées
au Catalogue des enfans de Dieu. La plus petite, âgée de deux ans,
chante maintenant ses grandeurs parmy les Chœurs des Anges. L'aisnée
l'a suiuie quelque temps apres, elle auoit enuiron seize ans, quand
elle prit vne nouuelle naissance en Iesus-Christ, [49] estant tombée
malade, il ne fut pas difficile de luy persuader qu'elle se fist
Chrestienne. Il semble qu'elle auoit déja la foy deuant que les Peres
luy parlassent; son frere frequentoit en nostre Maison, instruisant nos
Peres en sa langue, & comme on luy parloit souuent de nos Mysteres,
il racontoit à sa sœur ce qu'il auoit appris. Il estoit plus heureux
iettãt cette semence sacrée, que les Peres mesmes: car on n'a point
remarqué qu'elle ait encore germé en son ame, & elle a porté des
fleurs & des fruicts dans le cœur de sa sœur: laquelle interrogée en
sa maladie, si elle ne vouloit pas estre baptisée, répondit, qu'elle
en auoit vn grand desir. Les Peres la voulans instruire, trouuerent
qu'elle en sçauoit assez pour receuoir le sainct Baptesme, ce qui les
étonna & consola: Elle fut donc nommée Ieanne, receuant auec ce nom si
grande abondance de grace, qu'il sembloit que le Fils de Dieu prist
vn plaisir particulier en cette nouuelle Espouse. Le Pere Buteux la
voyant sur son depart pour s'en aller dans les bois auec sa mere, & les
autres Sauuages, luy dit, Adieu ma fille, souuenez vous que vous estes
maintenant [50] amie de Dieu, & que si vous mourez, il vous menera dans
sa maison, remplie de tout bon-heur. Adieu mon Pere, repartit-elle, ie
ne vous verray plus; mais il importe peu que ie meure, puisque ie dois
aller en si bon lieu. Elle dit cela auec vn tel sentiment de pieté,
que les larmes en vindrent aux yeux des deux Peres, rauis de voir vne
petite Barbare, parler en Ange de Paradis. Mais que vous pourrions
nous donner, Ieanne, puis que vous nous quittez pour vn si long-temps?
luy dirent-ils. Si vous auez du raisin donnez m'en vn peu, ce sera la
derniere fois que vous me soulagerez en ma maladie, car ie m'en vais
mourir dans les bois: mais ie croy que i'iray au Ciel; à vostre auis,
mon Pere? Oüy ma fille, vous y irez, si vous perseuerez en la foy.
Asseurez vouz, dit-elle, que ie croy en Dieu, & que i'y croiray toute
ma vie. Ils luy donnerent tout le raisin qu'ils auoient de reste, qui
n'estoit pas grande chose, le peu qu'on leur auoit enuoyé, ayant déja
esté distribué à beaucoup d'autres malades. Quand on vint à lier cette
pauure fille auec sa petite sœur, toutes deux nouuellement baptisées,
sur leurs longues traisnes, pour les mener [51] dans ces grandes
forests, il sembloit aux Peres qu'on leur arrachast le cœur: car ces
pauures gens n'auoient autres viures qu'vn peu de pain qu'ils leur
donnerent; leur disner & leur souper estoit en la prouidence de Dieu,
leurs hostelleries la neige & les arbres, & vn peu d'écorce. Vn grand
Nordoüest, qui est le vent le plus froid de ces Contrées, souffloit sur
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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