The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 8: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1636
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 8: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1636
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
En fin donc apres auoir briéuement [120] remercié Mr du Plessis, luy
auoir recommandé l'embarquement du reste de nos gens, si l'occasion
se presentoit, & luy auoir dit adieu, & à tous nos François: Ie
m'embarquay auec le Pere Antoine Daniel, & vn de nos hommes; les deux
autres venoient auec les Algonquains. Monsieur du Plessis honora
nostre depart de plusieurs canonnades, afin de nous rendre encore
plus recommandables à nos Sauuages. Ce fut le septiesme Iuillet. Le
P. Ambroise Dauost s'embarqua huict iours apres auec deux autres de
nos gens. Le reste suiuit huict iours apres, pour prendre sa part
des fatigues d'vn voyage tres fascheux, non seulement à raison de sa
longueur, & de la mauuaise chere qu'on y fait, mais encore pour les
circuits qu'il faut faire de Kebec iusques icy par les Bissiriniens &
la petite Nation; ie [121] croy qu'il y en a pour plus de trois cens
lieuës. Il est vray que le chemin est plus court par le Saut de S.
Louys, & par le Lac des Hiroquois, mais la crainte des ennemis, & le
peu de commodité qui s'y rencontre, en rẽd le passage desert. De deux
difficultez ordinaires, la premiere est celle des sauts & portages.
Vostre Reuerence a desia assez veu de sauts d'eau vers Kebec, pour
sçauoir ce qui en est: toutes les riuieres de ces Pays en sont pleines,
& notamment la riuiere de S. Laurens, depuis qu'on a passé celle des
Prairies. Car de là en auant elle n'a plus son lit égal, mais se brise
en plusieurs endroits, roulant & sautant effroyablement, à guise
d'vn torrent impetueux, & mesmes en quelques endroits elle tombe tout
à coup de haut en bas, de la hauteur de plusieurs brasses. Ie me
souuenois [122] en passant des Catadoupes du Nil, à ce qu'en disent nos
Historiens. Or quand on approche de ces cheutes ou torrens, il faut
mettre pied à terre, & porter au col à trauers les bois, ou sur de
hautes & facheuses roches, tous les pacquets & les canots mesmes. Cela
ne se fait pas sans beaucoup de trauail, car il y a des portages d'vne,
de deux & de trois lieuës, ioint qu'il faut en chacun faire plusieurs
voyages, si on a tãt soit peu de pacquets. En quelques endroits, qui
ne sont pas moins rapides que ces portages; mais neantmoins plus aisez
à l'abord, les Sauuages entrans dans l'eau, trainent & conduisent à la
main leurs canots, auec d'extremes peines & dangers; car ils en ont par
fois iusques au col, si bien qu'ils sont contraints de quitter prise,
& se sauuer comme ils peuuent de la rapidité de l'eau, qui emporte &
[123] leur arrache le canot. Cela est arriué à vn de nos François, qui
demeura seul dans le canot, tous les Sauuages l'ayans laissé aller au
gré du torrent mais son adresse & sa force luy sauuerent la vie, & le
canot aussi, auec tout ce qui estoit dedans. I'ay supputé le nombre des
portages, & ie trouue que nous auons porté trente cinq fois, & traisné
pour le moins cinquante. Ie me suis quelquefois meslé d'aider à mes
Sa[u]uages: mais le fond de la riuiere est de pierres si tranchantes,
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