The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 8: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1636
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The Jesuit Relations and Allied Documents, Vol. 8: Quebec, Hurons, Cape Breton, 1634-1636
Canada -- History -- To 1763 (New France); Indians of North America -- Canada; Jesuits -- Missions; Jesuits -- North America
Nos François ayant assez heureusement reüssy à la chasse pendant
l'Automne; nous en portions quelque morceau à tous les malades. Cela
leur gagnoit le cœur. Veu principalemẽt, qu'ils mouroient n'ayãt ny
chair ny poissõ, pour affaisõner leur sagamité. Adioustez que tous
nos François se sont Dieu mercy comportez si vertueusement, & si
paisiblemẽt dedãs & dehors, pẽdant toute cette année, qu'ils ont attiré
la benediction du Ciel. Nous deuons aussi beaucoup au glorieux sainct
Ioseph espoux de nostre Dame, & protecteur des Hurons, dont nous
auons touché au doigt l'assistãce plusieurs fois. Ce fut vne chose
remarquable, que le iour de sa feste, & durant l'Octaue, les commoditez
nous venoient de toutes parts.
Our French servants having succeeded very well in hunting, during
the Autumn, we carried portions of game to all the sick. That
chiefly won their hearts, as they were dying, having neither flesh
nor fish to season their sagamité. Add that all our French have
borne themselves, thank God, so virtuously and so peaceably on
all sides, during the whole year, that they have drawn down the
blessing of Heaven. We owe much also to our glorious saint Joseph,
spouse of our Lady, and protector of the Hurons, who has rendered
us tangible aid several times. It was a remarkable thing that on
the day of his feast, and during the Octave, accommodations came to
us from all sides.
[201] Auant que de finir, ie diray seulement ce mot de Louys de saincte
Foy, que i'aymerois mieux taire, n'estoit qu'il peut seruir pour
reconnoistre plus iudicieusement cette Nation. C'est qu'il n'est pas
tel qu'il deuroit estre, & que nous l'eussions souhaitté; neantmoins
nous en auõs encore bonne esperance. Il fut pris l'année passée par
les Hiroquois en la défaite commune, & emmené prisonnier. Il luy en
a cousté vn doigt; ce coup de foüet deuroit estre bastant pour le
remettre en son deuoir. Son Pere ne fut pas pris: il se sauua à la
fuite, mais en fuyãt il patit à bon escient dedans les bois, où il
demeura, à ce qu'il dit, trente iours, combattu de trois puissans
ennemis; scauoir est du froid, car c'estoit au Printemps, & il estoit
nud & sans feu: de la maladie, car il demeura comme perclus des deux
iambes & [202] n'en est pas encore guery; & en fin de la faim. A propos
de laquelle il raconte vne chose remarquable, si elle est vraye. Il
dit qu'ayant demeuré dix ou douze iours sans manger, & priant Dieu,
duquel il auoit ouy parler à son fils, il vit comme vn pot de grais tel
qu'il en auoit veu à Kebec, remply d'vne très suaue liqueur, & oüyt vne
voix, qui luy disoit, _Saranhes_, aye bon courage, tu n'en mourras pas;
prens, boy de ce qui est dans ce pot afin de te fortifier: ce qu'il
fit, & en fut merueilleusement soulagé. Que peu apres il rencontra
en vn arbrisseau vn sachet de bled, dont il sustenta petitement sa
vie, iusques à ce que quelques Sauuages de la Nation neutre, l'ayant
fortuitement trouué, l'enleuerent en leur village.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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