The life and correspondence of Sir Anthony Panizzi, K.C.B., Vol. 1 (of 2): Late principal librarian of the British museum, senator of Italy, etc.Fagan, Louis
History
The life and correspondence of Sir Anthony Panizzi, K.C.B., Vol. 1 (of 2): Late principal librarian of the British museum, senator of Italy, etc.
Fagan, Louis
Panizzi, Anthony, Sir, 1797-1879
l’opposition. Ils n’en seront pas moins un grave sujet d’embarras et
donneront du cœur à nos ministres pour nous accuser d’être livrés à
l’Angleterre, quand nous plaiderons la cause du bon sens et de la
vraie politique.
Quant à moi, j’ai goût à braver les passions de cour et les passions
de rue; je me crois dans le vrai quand j’entends crier contre moi les
laquais de la royauté et les laquais de la canaille, les uns disant
que nous sommes les ennemis du Roi, parce que nous blâmons des
mariages imprudents; les autres disant que nous sommes livrés a
l’Angleterre, parce que nous soutenons que la brouille de la France et
de l’Angleterre est le triomphe du despotisme en Europe. Je suis
convaincu, plus que jamais, de la nécessité de l’union des deux pays.
Je désire cette union sous tous les ministères Tories ou Whigs, mais
je la crois plus fructueuse sous les Whigs. Malheureusement on nous
rappellera 1840, et on nous dira que nous avons mauvaise grâce de
défendre les auteurs du traité du 15 Juillet. Tout cela fait une
position compliquée, difficile, qui ne m’effraye pas, mais qui me
dégoûterait de me mêler des affaires, si ma dignité personnelle ne
m’obligeait pas à rester à mon poste.
Le ministère aura la majorité: cela n’est pas douteux. Il ne pourra
périr que par les événements. Le ministère anglais, s’il dure, aura la
plus grande influence sur le résultat. Quand le Roi croira les choses
stables en Angleterre et la question sérieuse, il abandonnera M.
Guizot. Mais comme il faudra sacrifier dans M. Guizot son amour-propre
et son _gouvernement personnel_, il mettra plus de temps à céder que
de coutume. Je crains seulement que dans l’intervalle les deux pays
n’aient eu le temps de se brouiller.
Les ministres se vantent beaucoup, en effet, que M. Gréville est venu
leur porter des paroles de paix. J’ai vu M. Gréville, il a dîné chez
moi. Il a nié toute mission diplomatique, il m’a paru tenir un bon
langage, que je trouve cependant nuancé de torysme. Voici le ton de
ses discours: Lord Palmerston a raison contre M. Guizot; mais il faut
oublier le passé et s’entendre. En somme, il parle comme parlent à
Paris les ministériels raisonnables, qui disent: M. Guizot a eu tort,
mais il faut n’y plus penser. Je trouve cela naturel, préférable
assurément à une rupture de la France et de l’Angleterre; mais je
voudrais voir tomber du même coup la politique qui livre l’Italie, la
Suisse, l’Allemagne à nos ennemis, qui n’a d’entrailles que pour les
intérêts de Cour, et à qui tout sentiment élevé est étranger. Je ne
suis pas, quant à moi, très-lié avec M. Gréville. Je le trouve sensé,
aimable, gracieux pour moi; mais je ne parle avec lui de la Princesse
de Lieven que pour en dire des choses qui ne tendent pas à me
rapprocher de M. Guizot. Du reste, M. Gréville vit chez Lord Normanby.
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