Mary, Queen of Scots, 1542-1587; Queens -- Scotland -- Biography; Scotland -- History -- Mary Stuart, 1542-1567
Par vous mon coeur & par vostre alliance
Elle a remis sa maison en honneur
Elle a jouy par vous de la grandeur
Dont tous les siens n’auoyent nul asseurance
De vous mon bien elle à eu la constance,[436]
Et a guagné pour vn temps vostre cueur,
Par vous elle a eu plaisir et bon heur,
Et pour vous a receu honneur & reuerence,
Et n’a perdu sinon la jouissance
D’vn fascheux sot qu’elle aymoit cherement.
Ie ne la plains d’aymer donc ardamment,
Celuy qui n’a en sens, ni en vaillance,
En beauté, en bonté, ni en constance
Point de seconde. Ie vis en ceste foy.
Quant vous l’aymes, elle vsoit de froideur.
Sy vous souffriez, pour s’amour passion
Qui vient d’aymer de trop d’affection,
Son doil monstroit, la tristesse de coeur
N’ayant plesir de vostre grand ardeur
En ses habitz, mon estroit sens fiction
Qu’elle n’auoyt peur qu’imperfection
Peult l’affasser hors de ce loyal coeur.
De vostre mort ie ne vis la peaur
Que meritoit tel mary & seigneur.
Somme de vous elle a eu tout son bien
Et n’a prise ne iamais estimé
Vn si grand heur sinon puis qu’il n’est sien
Et maintenant dist l’auoyr tant aymé.
Et maintenant elle commence à voire
Qu’elle estoit bien de mauuais iugement
De n’estimer l’amour d’vn tel amant
Et vouldroit bien mon amy desseuoir,
Par les escripts tout fardes de scauoir
Qui pour tant n’est en son esprit croissant
Ayns emprunté de quelque auteur eluissant.
A feint tresbien vn enuoy sans l’avoyr
Et toutesfois ses parolles fardez,
Ses pleurs, ses plaints remplis de fictions.
Et ses hautes cris & lamentations
Ont tant guagné que par vous sont guardes.
Ses lettres escriptes ausquells vous donnez foy
Et si l’aymes & croyez plus que moy.
Vous la croyes las trop ie l’appercoy
Et vous doutez de ma ferme constance,
O mon seul bien & mon seul esperance,
Et ne vous peux ie[437] asseurer de ma foy
Vous m’estimes legier je le voy,
Et si n’auez en moy nul asseurance,
Et soubconnes mon coeur sans apparence,
Vous deffiant à trop grande tort de moy.
Vous ignores l’amour que ie vous porte
Vous soubçonnez qu’autre amour me transporte,
Vous estimes mes parolles du vent,
Vous depeignes de cire mon las coeur
Vous me penses femme sans iugement,
Et tout cela augmente mon ardeur.
Mon amour croist & plus en plus croistra
Tant que je viuray, et tiendra à grandeur,
Tant seulement d’auoir part en ce coeur
Vers qui en fin mon amour paroitra
Si tres à cler que iamais n’en doutra,
Pour luy ie veux recercher la grandeure,
Et faira tant qu’en vray connoistra,
Que ie n’ay bien, heur, ni contentement,
Qu’ a l’obeyr & servir loyamment.
Pour luy iattendz toute bon fortune.
Pour luy ie veux guarder santé & vie
Pour luy tout vertu de suiure i’ay enuie
Et sens changer me trouuera tout vne.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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