The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
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The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
Je me restreignis done au second pélerinage, et messire Sanson de Lalaing
voulut m'y accompagner, ainsi que Humbert. Nous laissames au mont de Sion
messire Michel de Ligne, qui étoit malade. Son frère Guillaume resta près
de lui avec an serviteur pour le garder. Nous autres nous partimes le jour
de la mi-août, et notre intention étoit de nous rendre à Jaffa par Ramlé,
et de Jaffa à Nazareth; mais avant de me mettre en route, j'allai au
tombeau de Notre Dame implorer sa protection pour mon grand voyage.
J'entendis aux cordeliers le service divin, et je vis là des gens qui se
disent chrétiens, desquels il y en a de bien estranges, selon nostre
manière.
Le gardien de Jérusalem nous fit l'amitié de nous accompngner jusqu'à
Jaffa, avec un frère cordelier du couvent de Beaune. La ils nous
quittèrent, et nous prîmes une barque de Maures qui nous conduisit au port
d'Acre.
Ce port est beau, profond et bien fermé. La ville elle-même paroît avoir
été grande et forte; mais il n'y subsiste plus maintenant que trois cent
maisons situées à l'une de ses extrémités, et assez loin de la marine.
Quant à notre pélerinage, nous ne pûmes l'accomplir. Des marchands
Vénitiens que nous consultames nous en détournèrent, et nous primes le
parti d'y renoncer. Il nous apprirent en même temps qu'on attendoit à Barut
une galére de Narbonne. Mes camarades voulurent en profiter pour retourner
en France, eten conséquence nous prîmes le chemin de cette ville.
Nous vîmes en route Sur, ville fermée et qui a un bon port, puis Saïette
(Séyde), autre port de mer assez bon. [Footnote: Sur est l'ancienne Tyr;
Saiette, l'ancienne Sidon; Barut, l'ancienne Bérite.] Pour Barut, elle a
été plus considérable qu'elle ne l'est aujourd'hui; mais son port est beau
encore, profond et sûr pour les vaisseaux. On voit à l'une de ses pointes
les restes d'un chateau fort qu'elle avoit autrefois, et qui est détruit.
[Footnote: Les notions que nous donne ici la Brocquière sont intéressantes
pour la géographie. Elles prouvent que tous ces ports de Syrie, jadis si
commerçans et si fameux, aujourd'hui si dégradés et si complétement
inutiles, étoient de son temps propres encore la plupart au commerce.]
Moi qui n'étois occupé que de mon grand voyage, j'employai mon séjour dans
cette ville à prendre sur cet objet des renseignemens et j'ai m'adressai
pour cela à un marchand Génois nommé Jacques Pervézin. Il me conseilla
d'aller à Damas; m'assura que j'y trouverois des marchands Vénitiens,
Catalans, Florentins, Génois et autres, qui pourroient me guider par leurs
conseils, et me donna même, pour un de ses compatriotes appelé Ottobon
Escot, une lettre de recommendation.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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