The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
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The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
Résolu de consulter Escot avant de rien entreprendre, je proposai à messire
Sanson d'aller voir Damas, sans cependant lui rien dire de mon projet. Il
accepta volontiers la proposition, et nous partimes, conduit par un moucre.
J'ai déja dit qu'en Syrie les moucres sont des gens dont le métier est de
conduire les voyageurs et de leur louer des anes et des mulets.
Au sortir de Barut nous eûmes à traverser de hautes montagnes jusqu'à une
longue plaine appelée vallée de Noë, parce que Noë, dit-on, y batit son
arche. La vallée a tout au plus une lieue de large; mais elle est agréable
et fertile, arrosée par deux rivières et peuplée d'Arabes.
Jusqu'à Damas on continue de voyager entre des montagnes au pied desquelles
on trouve beaucoup de villages et de vignobles. Mais je préviens ceux qui,
comme moi, auront à les traverser, de songer à se bien munir pour la nuit;
car de ma vie je n'ai eu aussi froid. Cette excessive froidure a pour cause
la chute de la rosée; et il en est ainsi par toute la Syrie. Plus la
chaleur a été grande pendant le jour, plus la rosée est abondante et la
nuit froide.
II y a deux journées de Barut à Damas.
Par toute la Syrie les Mahométans ont établi pour les chrétiens une coutume
particulière qui ne leur permet point d'aller à cheval dans les villes.
Aucun d'eux, s'il est connu pour tel, ne l'oseroit, et en conséquence notre
moucre, avant d'entrer, nous fit mettre pied à terre, messire Sanson et
moi.
A peine étions nous entrés qu'une douzaine de Sarrasins s'approcha pour
nous regarder. Je portois un grand chapeau de feutre, qui n'est point
d'usage dans le pays. Un d'eux vint le frapper par dessous d'un coup de
baton, et il me le jeta par terre. J'avoue que mon premier mouvement fut de
lever le poing sur lui. Mais le moucre, se jetant entre nous deux, me
poussa en arrière, et ce fut pour moi un vrai bonheur; car en un instant
trente ou quarante autres personnes accoururent, et, si j'avois frappé, je
ne sais ce que nous serions devenus.
Je dis ceci pour avertir que les habitans de cette ville sont gens méchants
qui n'entendent pas trop raison, et que par conséquent il faut bien se
garder d'avoir querrelle avec eux. Il en est de même ailleurs. J'ai éprouvé
par moi-même qu'il ne faut vis-à-vis d'eux ni faire le mauvais, ni se
montrer peureux; qù'il ne feut ni paroitre pauvre, parce qu'ils vous
mépriseroient; ni riche, parce qu'ils sont très avides, ainsi que
l'expérimentent tous ceux qui débarquent à Jaffa.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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