The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
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The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
La montée est trés-rude parce qu'il n'y a point de chemin; je la fis à dos
de mulet, et j'y employai deux heures. La cime se termine par un plateau
presque rond, qui peut avoir en longeur deux portées d'arc et une de large.
Jadis il fut enceient d'une muraille dont on voit encore des restes avec
des fossés, et dans le pourtour, en dedans du mur, étoient plusieurs
églises, et spéciàlement une où l'on gagne encore, quoiqu'elle soit ruinée,
plain pardon de paine et de coulpe.
Au levant du Thabor, et au pied de la montagne, on aperçoit Tabarie
(Tibériade), au-delà de laquelle coule le Jourdain; au couchant est une
grande plaine fort agréable par ses jardins remplis de palmiers portant
dattes, et par de petits bosquets d'arbres, plantés comme des vignes, et
sur lesquels croit le coton. Au lever du soleil ceux-ci présentent un
aspect singulier. En voyant leurs feuilles vertes couvertes de coton, on
diroit qu'il a neigé sur eux. [Footnote: Il est probable qu'ici le voyageur
s'est trompe. Le cotonnier a par ses feuilles quelque ressemblance avec
celles de la vigne. Elles sont lobées de même; mais le coton naît dans des
capsules, et non sur des feuilles. On connoît en botanique plusieurs arbres
dont les feuilles sont couvertes à leur surface extérieure d'un duvet
blanc; mais on n'en connoît aucune qui produise du coton.]
Ce fut dans cette plaine que je descendis pour me reposer et diner; car
j'avois apporté des poulets crus et du vin. Mes guides me conduisirent dans
une maison dont le maître, quand il vit mon vin, me prit pour un homme de
distinction et m'accueillit bien. Il m'apporta une écuelle de lait, une de
miel, et une branche chargée de dattes nouvelles. C'étoit la première fois
de ma vie que j'en voyois. Je vis encore comment on travailloit le coton,
et pour ce travail les ouvriers étoient des hommes et des femmes. Mais là
aussi mes guides voulurent me rançonner, et, pour me reconduire à Nazareth
où je les avois pris, ils exigèrent de moi un marché nouveau.
Je n'avois point d'épée, car j'avoue que je l'aurois tirée, et c'eût été
folie à moi, comme c'en seroit une à ceux qui m'imiteroient. Le résultat de
la querelle fut que, pour me débarrasser d'eux, il me fallut leur donner
douze drachmes de leur monnoie, lesquelles valent un demi-ducat. Dès qu'ils
les eurent reçues ils me quittèrent tous quatre; de sorte que je fus obligé
de m'en revenir seul avec mon moucre.
Nous avions fait peu de chemin, quand nous vimes venir à nous deux Arabes
armés à leur manière et montés sur de superbes chevaux. Le moucre, en les
voyant, eut grande peur. Heureusement ils passèrent sans nous rien dire;
mais il m'avoua que, s'ils m'eussent soupçonné d'être chrétien, nous étions
perdus, et qu'ils nous eussent tués tous deux sans rémission, ou pour le
moins dépouillés en entier.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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