The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
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The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
D'après cela j'allai aussitôt, avec un de mes deux conducteurs, au marché
qu'on appelle bathsar (bazar). J'y achetai deux longues robes blanches qui
me descenoient jusqu'au talon, une toque accomplie (turban complet), une
ceinture de toile, une braie (caleçon) de futaine pour y mettre le bas de
ma robe, deux petits sacs ou besaces, l'un pour mon usage, l'autre pour
suspendre à la tête de mon cheval quand je lui ferois manger son orge et sa
paille: une cuiller et une salière de cuir, un tapis pour coucher; anfin un
paletot (sorté de pour-point) de panne blanche que je fis couvrir de toile,
et qui me servit beaucoup la nuit J'achetai aussi un tarquais blanc et
garni (sorte de carquois), auquel pendoient une épée et des couteaux: mais
pour le tarquais et l'épée je ne pus en faire l'acquisition que
secrètement; car, si ceux qui ont l'administration de la justice l'avoient
su, le vendeur et moi nous eussions couru de grands risques.
Les épées de Damas sont le plus belles et les meilleures de tout la Syrie;
mais c'est une chose curieuse de voir comment ils les brunissent. Cette
opération se fait avant la trempe. Ils ont pour cela une petite pièce de
bois dans laquelle est enté un fer; ils la passent sur la lame et enlévent
ainsi se; inégalités de même qu'avec un rabot on enlève celles du bois;
ensuite ils la trempent, puisla polissent. Ce poli est tel que quand
quelqu'un veut arranger son turban, il se sert de son épée comme d'un
mirior. Quant à la trempe, elle est si parfaite que nulle part encore je
n'ai vu d'épée trancher aussi bien.
On fait aussi à Damas et dans le pays des miroirs d'acier qui grossissent
les objets comme un miroir ardent. J'en ai vu qui, quand on les exposoit au
soleil, percoient, à quinze ou seize pieds de distance, une planche et y
mettoient le feu.
J'achetai un petit cheval, qui se trouva très-bon. Avant de partir je le
fis ferrer à Damas; et de là jusqu'à Bourse, quoiqu'il y ait près de
cinquante journées, je n'eus rien à fair à ses pieds, excepté à l'un de
ceux de devant, où il prit une enclosure qui trois semaines après le fit
boiter. Voici comme ils ferrent leurs chevaux.
Les fers sont légers, très-minces, allongés sur les talons, et plus amincis
encore là que vers la pince. Ils n'ont point de retour [Footnote: Je crois
que par retour la Brocquière a entendu ce crochet nommé crampon qui est aux
nôtres, et qu'il a voulu dire que ceux de Damas étoient plats.] et ne
portent que quartre trous, deux de chaque côté. Les clous sont carrés, avec
une grosse et lourde tête. Faut-il appliquer le fer: s'il est besoin qu'on
le retravaille pour l'ajuster, on le bat à froid sans le mettre au feu, et
on le peut à cause de son peu d'épaisseur. Pour parer le pied du cheval on
se sert d'une serpette pareille à celle qui est d'usage en-de-çà de la mer
pour tailler la vigne.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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