The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
History
The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
Les chevaux de ce pays n'ont que le pas et le galop. Quand on en achète, on
choisit ceux qui ont le plus grand pas: comme en Europe on prend de
préférence ceux qui trottent le mieux. Ils ont les narines très-fendues
courent très bien, sont excellens, et d'ailleurs coûtent très-peu,
puisqu'ils ne mangent que la nuit, et qu'on ne leur donne qu'un peu d'orge
avec de la paille picquade (hachée). Jamais ile ne boivent que
l'après-midi, et toujours, même à l'écurie, on leur laisse la bride en
bouche, comme aux mules. La ils sont attachés par les pieds de derrière et
confondus tous ensemble, chevaux et jumens. Tous sont hongres, excepté
quelques'uns qu'on garde comme étalons. Si vous avez affaire à un homme
riche, et que vouz alliez le trouver chez lui, il vous menera, pour vous
parler, dans son écurie: aussi sont-elles tenues très-fraîches et
très-nettes.
Nous autres, nous aimons un cheval entier, de bonne race; les Maures
n'estiment que les jumens. Chez eux, un grand n'a point honte de monter une
jument que son poulain suit par derrière. [Footnote: Ce trait fait allusion
aux préjugés alors en usage chez les chevaliers d'Europe. Comme ils avoient
besoin, pour les tournois et les combats, de chevaux très-forts, ils ne se
servoient que de chevaux entiers, et se seroient crus dêshonorés de monter
une jument.] J'en ai vu d'une grande beauté, et qui se vendoient jusqu'a
deux et trois cents ducats. Au reste, leur coutume est de tenir leurs
chevaux sur le maigre (de ne point les laisser engraisser).
Chez eux, les gens de bien (gens riches, qui ont du bien) portent tons,
quand ils sont à cheval, un tabolcan (petit tambour), dont ils se servent
dans les batailles et les escarmouches pour se rassembler et se rallier;
ils l'attachent à arçon de leur selle, et le frappent avec une baguette de
cuir plat. J'en achetai un aussi, avec des éperons et des bottes vermeilles
qui montoient jusqu'aux genoux, selon la coutume du pays.
Pour témoigner ma reconnoissance à Hoyarbarach j'allai lui offrir un pot de
gingembre vert. Il le refusa, et ne ce fut qu'à force d'instances et de
prières que je vins à bout de le lui faire accepter. Je n'eus de lui
d'autre parole et d'autre assurance que celle dont j'ai parlé cidessus.
Cependant je ne trouvai en lui que franchise et layauté, et plus peut-être
que j'en aurois éprouvé de beaucoup de chrétiens.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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