The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
History
The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
Sur une butte ronde on y voit un tombeau qu'on dit être celui de Polydore,
le plus jeune des fils de Priam. Le père, pendant le siège de Troie, avoit
envoyé son fils au roi d'Ayne, avec de grands trésors; mais, après la
destruction de la ville, le roi, tant par crainte des Grecs que par
convoitise des trésors, fit mourir le jeune prince.
A Ayne je passai la Marisce sur un gros bâtiment, et me rendis à Macry,
autre ville maritime à l'occident de la première, et habitée de Turcs et de
Grecs. Elle est près de l'ile de Samandra, qui appartient au seigneur
d'Ayne, et elle paroit avoir été autrefois très-considérable; maintenant
tout y est en ruines, à l'exception d'une partie du château.
Caumissin, qu'on trouve ensuite après avoir traversé une montagne, a de
bons murs, qui la rendent assez forte, quoique petite. Elle est sur un
ruisseau, en beau et plat pays, fermé par d'autres montagnes à l'occident,
et ce pays s'étend, dans un espace de cinq à six journées, jusqu'à Lessère.
Missy fut également et forte et bien close: mais une partie de ses murs
sont abattus; tout y a été détruit, et elle n'a point d'habitans.
Péritoq, ville ancienne et autrefois considérable, est sur un golfe qui
s'avance dans les terres d'environ quarante milles, et qui part de
Monte-Santo, où sont tant de caloyers. Elle a des Grecs pour habitans, et
pour défense de bonnes murailles, qui cependant sont entamées par de
grandes brêches. De là, pour aller à Lessère, le chemin est une grande
plaine. C'est près de Lessère, dit-on, que se livra la grande bataille de
Thessale (de Pharsale).
Je n'allai point jusqu'à cette dernière ville. Instruits que le Turc étoit
en route, nous l'attendîmes à Yamgbatsar, village construit par ses sujets.
Il n'arriva que le troisième jour. Son escorte, quand il marchoit, étoit de
quatre à cinq cents chevaux; mais comme il aimoit passionnément la chasse
au vol, la plus grande partie de cette troupe étoit composée de fauconniers
et d'ostriciers (autoursiers), gens dont il faisoit un grand cas, et dont
il entretenoit, me dit-on, plus de deux mille. Avec ce goût il ne faisoit
que de petites journées, et ses marches n'étoient pour lui qu'un objet
d'amusement et de plaisir.
Il entra dans Yamgbatsar avec de la pluie, n'ayant pour cortége qu'une
cinquantaine de cavaliers avec douze archers, ses esclaves, qui marchoient
à pied devant lui. Son habillement étoit une robe de velours cramoisi,
fourrée de martre zibeline, et sur la tête il portoit, comme les Turcs, un
chapeau rouge; mais, pour se garantir de la pluie, par-dessus sa robe il en
avoit mis une autre de velours, en guise de manteau, selon la mode du pays.
Il campa sous un pavillon qu'on avoit apporté; car nulle part on ne trouve
à loger, nulle part on ne trouve de vivres que dans les grandes villes, et,
en voyage, chacun est obligé de porter tout ce qui lui est nécessaire. Pour
lui, il avoit un grand train de chameaux et d'autres bêtes de somme.
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