The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
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The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
De Thiras je me rendis à Salubrie. Cette ville, située à deux journées de
Constantinople, a un petit port sur le golfe, qui s'étend depuis ce dernier
lieu jusqu'à Galipoly. Les Turcs n'ont pu la prendre, quoique du côté de la
mer elle ne soit pas forte. Elle appartient à l'empereur, ainsi que le pays
jusque-là; mais ce pays, tout ruiné, n'a que des villages pauvres.
De là je vins à Chourleu, jadis considérable, détruit par les Turcs et
peuplé de Turcs et de Grecs;
De Chourleu a Mistério, petite place fermée: il n'y a que des Grecs, avec
un seul Turc à qui son prince l'a donnée;
De Mistério à Pirgasy, où il ne demeure que des Turcs, et dont les murs
sont abattus;
De Pirgasy à Zambry, également détruite;
De Zambry à Andrenopoly (Andrinople), grande ville marchande, bien peuplée,
et située sur une très-grosse rivière qu'on nomme la Marisce, à six
journées de Constantinople. C'est la plus forte de toutes celles que le
Turc possède dans la Grèce, et c'est celle qu'il habite le plus volontiers.
Le seigneur ou lieutenant de Grèce (le gouverneur) y fait aussi son séjour,
et l'on y trouve plusieurs marchands Vénitiens, Catalans, Génois et
Florentins. Depuis Constantînople jusque là, le pays est bon, bien arrosé,
mais mal peuplé; il a des vallées fertiles, et produit de tout, excepté du
bois.
Le Turc étoit à Lessère, grosse ville en Pyrrhe, près du lieu de Thessalie
où se livra la bataille entre César et Pompée, et messire Benedicto prit
cette route pour se rendre auprès de lui. Nous passâmes la Marisce en
bateaux, et rencontrâmes, a peu de distance, cinquante de ses femmes,
accompagnées d'environ seize eunuques, qui nous apprirent qu'ils les
conduisoient à Andrinople, où lui-même se proposoit de venir bientôt.
J'allaià Dymodique, bonne ville, fermée d'une double enceinte de murailles.
Elle est fortifiée d'un côté par une rivière, et de l'autre par un grand et
fort château construit sur une hauteur presque ronde, et qui, dans son
circuit, peut bien renfermer trois cents maisons. Le château a un donjon où
le Turc, m'a-t-on dit, tient son trésor.
De Dymodique je me rendis à Ypsala, assez grande ville, mais totalement
détruite, et où je passai la Marisce une seconde fois. [Footnote: Ici le
copiste écrit la Maresce, plus haut il avoit mis Maresche, et plus haut
encore Marisce. Ces variations d'orthographe sont infiniment communes dans
nos manuscrits, et souvent d'une phrase à l'autre. J'en ai fait la remarque
dans mon discours préliminaire.] Elle est à deux journées d'Andrinople. Le
pays, dans tout cet espace, est marécageux et difficile pour les chevaux.
Ayne, au-delà d'Ypsala, est sur la mer, à l'embouchure de la Marisce, qui a
bien en cet endroit deux milles de large. Au temps de Troye-la-Grant, ce
fut une puissante cité, qui avoit son roi: maintenant elle a pour seigneur
le frère du seigneur de Matelin, qui est tributaire du Turc.
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