The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
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The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
Dymodique, où je revins, me parut plus belle et plus grande encore qu'à mon
premier passage; et s'il est vrai que le Turc y a déposé son trésor,
assurément il a raison.
Nous fûmes obligés de l'attendre onze jours dans Adrinople. Enfin il arriva
le premier de carême. Le grand calife (le muphti), qui est chez eux ce
qu'est le pape chez nous, alla au-devant de lui avec tous les notables de
la ville: ce qui formoit une troupe très-nombreuse. Il en étoit déja assez
près lorsqu'ils le rencontrèrent, et néanmoins il s'arrêta pour boire et
manger, envoya en avant une partie de ces gens, et n'y entra qu'à la nuit.
J'ai eu occasion de me lier, pendant mon séjour à Andrinople, avec
plusieurs personnes qui avoient vécu à sa cour, et qui, à portée de le bien
connoître, m'ont donné sur lui quelques détails; et d'abord, moi qui l'ai
vu plusieurs fois, je dirai que c'est un petit homme, gros et trapu, à
physionomie Tartare, visage large et brun, joues élevées, barbe ronde, nez
grand et courbé, petits yeux; mais il est, m'a-t-on dit, doux, bon,
libéral, distribuant volontiers seigneuries et argent.
Ses revenus sont de deux millions et demi de ducats, y compris vingt-cinq
mille qu'il perçoit en tributs. [Footnote: Il y a ici erreur de copiste sur
ces vingt-cinq mille ducats de tributs; la somme est trop foible. On verra
plus bas que le despote de Servie en payoit annuellement cinquante mille à
lui seul.] D'ailleurs, quand il leve une armée, non seulement elle ne lui
coûte rien; mais il y gagne encore, parce que les troupes qu'on lui amène
de Turquie en Grèce [Footnote: J'ai déja remarqué que l'auteur appelle
Turquie les états que possédoient en Asie les Turcs, et qu'il désigne sous
le nom de Grèce ceux qu'ils avoient en-deçà du détroit, et que nous nommons
aujourd'hui Turquie d'Europe.] paient à Gallipoly le comarch, qui est de
trois aspres par homme et de cinq par cheval. Il en est de même au passage
de la Dunoë (du Danube). D'ailleurs, quand ses soldats vont en course et
qu'ils font des esclaves, il a le droit d'en prendre un sur cinq, à son
choix.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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