The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
History
The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
Peu après j'arrivai à Phéropoly, [Footnote: C'est une erreur de copiste:
lui-même, quelques lignes plus bas, a écrit l'hélippopoly, et en effet
c'est de Philippopoli qu'il est mention.] capitale de la Macédoine, et
bâtie par le roi Philippe. Elle est sur la Marisce, dans une grande plaine
et un excellent pays, où l'on trouve toutes sortes de vivres et à bon
compte. Ce fut jadis une ville considérable, et elle l'est encore. Elle
renferme trois montagnes, dont deux sont à une extrémité vers le midi, et
l'autre au centre. Sur celle-ci étoit construit un grand château en forme
de croissant allongé; mais il a été détruit. On me montra l'emplacement du
palais du roi Philippe, qu'on a de même démoli, et dont les murs subsistent
encore. Philippopoli est peuplée en grande partie de Bulgares qui tiennent
la loi Grégoise (qui suivent la religion Grecque).
Pour en sortir je passai la Marisce sur un pont, et chevauchai pendant une
journée toute entière à travers cette plaine dont j'ai parlé; elle aboutit
à une montagne longue de seize à vingt milles, et couverte de bois. Ce lieu
étoit autrefois infesté de voleurs, et très-dangereux à passer. Le Turc a
ordonné que quiconque y habiteroit fut Franc, et en conséquence il s'y est
élevé deux villages peuplés de Bulgares, et dont l'un est sur les confins
de Bulgarie et de Macédoine. Je passai la nuit dans le premier.
Après avoir traversé la montagne, on trouve une plaine de six milles de
long sur deux de large; puis une forêt qui peut bien en avoir seize de
longueur; puis une autre grande plaine totalement close de montagnes, bien
peuplée de Bulgares, et où l'on a une rivière à traverser. Enfin j'arrivai
en trois jours à une ville nommée Sophie, qui fut autrefois
très-considérable, ainsi qu'on le voit par les débris de ses murs rasés
jusqu'à terre, et qui aujourd'hui encore est la meilleure de la Bulgarie.
Elle a un petit château, et se trouve assez près d'une montagne au midi,
mais située au commencement d'une grande plaine d'environ soixante milles
de long sur dix de large. Ses habitans sont pour la plupart des Bulgares,
et il en est de même des villages. Les Turcs n'y forment que le très-petit
nombre; ce qui donne aux autres un grand desir de se tirer de servitude,
s'ils pouvoient trouver qui les aidât.
J'y vis arriver des Turcs qui venoient de faire une course en Hongrie. Un
Génois qui se trouvoit dans la ville, et qu'on nomme Nicolas Ciba, me
raconta qu'il avoit vu revenir également ceux qui repassèrent le Danube, et
que sur dix il n'y en avoit pas un qui eût à la fois un arc et une épée.
Pour moi, je dirai que parmi ceux-ci j'en trouvai beaucoup plus n'ayant ou
qu'un arc ou qu'une épée seulement, que de ceux qui eussent les deux armes
ensemble. Les mieux fournis portoient une petite targe (bouclier) en bois.
En vérité, c'est pour la chrétienté une grande honte, il faut en convenir,
qu'elle se laisse subjuguer par de telles gens. Ils sont bien au-dessous de
ce qu'on les croit.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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