The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
History
The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
L'arme de ceux qui ont quelque fortune est un arc, un tarquais, une épée et
une forte masse à manche court, dont le gros bout est taillé à plusieurs
carnes. Ce bâton a du danger quand on l'assène sur des épaules ou des bras
dégarnis. Je suis même convaincu qu'un coup bien appuyé sur une tête armée
de salade étourdiroit l'homme.
Plusieurs portent de petits pavois (boucliers) en bois, et ils savent
très-bien s'en couvrir à cheval quand ils tirent de l'arc. C'est ce que
m'ont assuré gens qui les ont long-temps pratiqués, et ce que j'ai vu par
moi-même.
Leur obéissance aux ordres de leur seigneur est sans bornes. Pas un seul
n'oseroit les transgresser quand il s'agiroit de la vie, et c'est
principalement à cette soumission constante qu'il doit les grandes choses
qu'il a exécutées et ces vastes conquêtes qui l'ont rendu maître d'une
étendue de pays beaucoup plus considérable que n'est la France.
On m'a certifié que quand les puissances chrétiennes ont pris les armes
contre eux, ils ont toujours été avertis à temps. Dans ce cas, le seigneur
fait épier leur marche par des hommes qui sont propres à cette fonction, et
il va les attendre avec son armée à deux ou trois journées du lieu où il se
propose de les combattre. Croit-il l'occasion favorable, il fond sur eux
tout-à-coup, et ils ont pour ces circonstances une sorte de marche qui leur
est propre. Le signal est donné par un gros tambour. Alors ceux qui doivent
être en tête partent les premiers et sans bruit; les autres suivent de même
en silence, sans que la file soit jamais interrompue, parce que les chevaux
et les hommes sont dressés à cet exercice. Dix mille Turcs, en pareil cas,
font moins de tapage que ne feroient cent hommes d'armes chrétiens. Dans
leurs marches ordinaires, ils ne vont jamais qu'au pas; mais dans celles-ci
ils emploient le galop, et comme d'ailleurs ils sont armés légèrement, ils
font du soir au matin autant de chemin qu'en trois de leurs journées
communes; et voilà pourquoi ils ne pourroient porter d'armures complètes,
ainsi que les Français et les Italiens: aussi ne veulent-ils en chevaux que
ceux qui ont un grand pas ou qui galopent long-temps, tandis que nous il
nous les faut trottant bien et aisés.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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