The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
History
The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
Tous leurs chevaux sont Hongres: ils n'en gardent d'entiers que
quelques-uns pour servir d'étalons, mais en si petit nombre que je n'en ai
pas vu un seul. Du reste ils les sellent et brident à la jennette.
[Footnote: Les mors et les selles à la genette avoient été adoptés en
France, et jusqu'au dernier siècle ils furent d'usage dans nos manéges. On
disoit monter à la genette quand les jambes étoient si courtes que l'éperon
portoit vis-à-vis les flancs du cheval. Le mors à la genette étoit celui
qui avoit sa gourmette d'une seule pièce et de la forme d'un grand anneau,
mis et arrêté au haut de la liberté de la langue.] Leurs selles,
ordinairement fort riches, sont très-creuses. Elles n'ont qu'un arçon
devant, un autre derrière, avec de courtes étrivières et de larges étriers.
Quant à leurs habillemens de guerre, j'ai été deux fois dans le cas de les
voir, à l'occasion des Grecs renégats qui renonçoient à leur religion pour
embrasser le Mahométisme: alors les Turcs font une grande fête; ils
prennent leurs plus belles armes et parcourent la ville en cavalcade aussi
nombreuse qu'il leur est possible. Or dans ces circonstances, je les ai vus
porter d'assez belles brigandines (cottes d'armes) pareilles aux nôtres, à
l'exception que les écailles en étoient plus petites. Leur garde-bras
(brassarts) étoient de même. En un mot ils ressemblent à ces peintures où
l'on nous représente les temps de Jules César. La brigandine descend
presqu'à mi-cuisse; mais à son extrémité est attachée circulairement une
étoffe de soie qui vient jusqu'à mi-jambe.
Sur la tête ils portent un harnois blanc qui est rond comme elle, et qui,
haut de plus d'un demi-pied, se termine en pointe. [Footnote: Harnois, dans
la langue du temps, étoit un terme général qui signifioit à la fois
habillement et armure; ici il désigne une sorte de bonnet devenu arme
défensive.] On le garnit de quatre clinques (lames), l'une devant, l'autre
derrière, les deux autres sur les côtés, afin de garantir du coup d'épée la
face, le cou et les joues. Elles sont pareilles à celles qu'ont en France
nos salades. [Footnote: Salades, sorte de casque léger alors en usage, et
qui, n'ayant ni visière ni gorgerin, avoit besoin de cette bande de fer en
saillie pour défendre le visage.]
Outre cette garniture de tête ils en ont assez communément une autre qu'ils
mettent par-dessus leurs chapeaux ou leurs toques: c'est une coiffe de fil
d'archal. Il y a de ces coiffes qui sont si riches et si belles qu'elles
coûtent jusqu'à quarante et cinquante ducats, tandis que d'autres n'en
coûtent qu'un ou deux. Quoique celles-ci soient moins fortes que les
autres, elles peuvent résister au coup de taille d'une épée.
J'ai parlé de leurs selles: ils y sont assis comme dans un fauteuil, bien
enfoncés, les genoux fort haut et les étriers courts; position dans
laquelle ils ne pourroient pas supporter le moindre coup de lance sans être
jetés bas.
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