The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
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The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
Si l'on suit constamment cette méthode ils seront forcés, ou de combattre
avec désavantage, et par conséquent de tout risquer, ou de faire retraite
devant l'armée. Dans le cas où ils prendroient ce dernier parti, on mettra
de la cavalerie à leurs trousses; mais il faudra qu'elle ne marche jamais
qu'en bonne ordonnance, et toujours prête à combattre et à les bien
recevoir s'ils reviennent sur leurs pas. Avec cette conduite il n'est point
douteux qu'on ne les batte toujours. En suivant le contraire, ce seront eux
qui nous battront, comme il est toujours arrivé.
On me dira peut-être que rester ainsi en présence et sur la défensive
vis-à-vis d'eux, seroit une honte pour nous. On me dira que, vivant de peu
et de tout ce qu'ils trouvent, ils nous affameroient bientôt si nous ne
sortoins de notre fort pour aller les combattre.
Je répondrai que leur coutume n'est point de rester en place;
qu'aujourd'hui dans un endroit, demain éloignés d'une journée et demie, ils
reparoissent tout-à-coup aussi vite qu'ils ont disparu, et que, si l'on
n'est point continuellement sur ses gardes, on court de gros risques.
L'important est donc, du moment où on les a vus, d'être toujours en
défiance, toujours prêt à monter à cheval et à se battre.
Si l'on a quelque mauvais pas à passer, on ne manquera pas d'y envoyer des
gens d'armes et des gens de trait autant que le lieu permettra d'en
recevoir pour combattre, et l'on aura grand soin qu'ils soient constamment
en bon ordre de bataille.
Jamais n'envoyez au fourrage, ce seroit autant d'hommes perdus; d'ailleurs
vous ne trouveriez plus rien aux champs. En temps de guerre les Turcs font
tout transporter dans les villes.
Avec toutes ces précautions, la conquête de la Grèce [Footnote: On a déja
vu plus haut que par le mot Grèce l'auteur entend les états que les Turcs
possédoient en Europe.] ne sera pas une entreprise extrêmement difficile,
pourvu, je le répète, que l'armée fasse toujours corps, qu'elle ne se
divise jamais, et ne veuille point envoyer de pelotons à la poursuite de
l'ennemi. Si l'on me demande comment on aura des vivres, je dirai que la
Grèce et la Rassie ont des rivières navigables, et que la Bulgarie, la
Macédoine et les provinces Grecques sont fertiles.
En avançant ainsi toujours en masse, on forcera les Turcs à reculer, et il
faudra qu'ils choisissent entre deux extrémités, comme je l'ai déja dit, ou
de repasser en Asie et d'abandonner leurs biens, leurs femmes et leurs
enfans, puisque le pays n'est point de défense, ainsi qu'on l'a pu voir par
la description que j'en ai donnée, ou de risquer une bataille, comme ils
l'ont fait toutes les fois qu'ils ont passé le Danube.
Je conclus qu'avec de bonnes troupes composées des trois nations que j'ai
nommées, Français, Anglais et Allemands, on sera sûr du succès, et que si
elles sont en nombre suffisant, bien unies et bien commandées, elles iront
par terre jusqu'à Jerusalem. Mais je reprends mon récit.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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