The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
History
The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
Son fils venoit d'épouser une belle dame Hongroise. Je le vis dans une
joute qui, à la manière du pays, eut lieu sur de petits chevaux et avec des
selles basses. Les jouteurs étoient galamment habillés, et ils portoient
des lances fortes et courtes. Ce spectacle est très-agréable. Quand les
deux champions se touchent il faut que tous deux, ou au moins l'un des deux
nécessairement, tombent à terre. C'est là que l'on connoît sûrement ceux
qui savent se bien tenir en selle. [Footnote: En France, pour les tournois
et les joutes, ainsi que pour les batailles, les chevaliers montoient de
ces grands et fort chevaux qu'on appeloit palefrois. Leurs selles avoient
par-devant et par-derrière de hauts arçons qui, par les points d'appui
qu'ils leur fournissoient, leur donnoient bien plus de moyens de résister
au coup de lance que les petits chevaux et les selles basses des Hongrois;
et voilà pourquoi notre auteur dit que c'est dans les joutes Hongroises
qu'on peut reconnoître le cavalier qui sait bien se tenir en selle.]
Quand ils joutent à l'estrivée pour des verges d'or, tous les chevaux sont
de même hauteur; toutes les selles sont pareilles et tirées au sort, et
l'on joute par couples toujours paires, un contre un. Si l'un des deux
adversaires tombe, le vainqueur est obligé de se retirer, et il ne joute
plus.
Jusqu'à Bude j'avois toujours accompagné l'ambassadeur de Milan; mais,
avant de quitter la ville, il me prévint qu'en route il se sépareroit de
moi pour se rendre auprès du duc. D'après cette annonce j'allai trouver mon
Artésien Clays Davion, qui me donna, pour Vienne en Autriche, une lettre de
recommendation adressée à un marchand de sa connoissance. Comme je m'étois
ouvert à lui, et que je n'avois cru devoir lui cacher ni mon état et mon
nom, ni le pays d'où je venois, et l'honneur que j'avois d'appartenir à
monseigneur le duc (duc de Bourgogne), il mit tout cela dans la lettre à
son ami, et je m'en trouvai bien.
De Bude je vins à Thiate, ville champêtre où le roi se tient volontiers, me
dit-on; puis, à Janiz, en Allemand Jane, ville sur le Danube. Je passai
ensuite devant une autre qui est formée par une île du fleuve, et qui avoit
été donnée par l'empereur à l'un des gens de monseigneur de Bourgogne, que
je crois être messire Rénier Pot. Je passai par celle de Brut, située sur
une rivière qui sépare le royaume de Hongrie d'avec le duché d'Autriche. La
rivière coule à travers un marais où l'on a construit une chaussée longue
et étroite. Ce lieu est un passage d'une grande importance; je suis même
persuadé qu'avec peu de monde on pourroit le défendre et le fermer du côté
de l'Autriche.
Deux lieues par-delà Brut l'ambassadeur de Milan se sépara de moi: il se
rendit vers le duc son maître, et moi à Vienne en Autriche, où j'arrivai
après cinq jours de marche.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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