The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
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The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
Entré dans la ville, je ne trouvai d'abord personne qui voulût me loger,
parce qu'on me prenoit pour un Turc. Enfin quelqu'un, par aventure,
m'enseigna une hôtellerie où l'on consentit à me recevoir. Heureusement
pour moi le domestique que j'avois pris à Pest savoit le Hongrois et le
haut Allemand, et il demanda qu'on fit venir le marchand pour qui j'avois
une lettre. On alla le chercher. Il vint, et non seulement il m'offrit tous
ces services, mais il alla instruire monseigneur le duc Aubert, [Footnote:
Albert II, duc d'Autriche, depuis empereur, à la mort de Sigismond.]
cousin-germain de mondit seigneur qui aussitôt dépêcha vers moi un
poursuivant, [Footnote: Poursuivant d'armes, sorte de héraut en usage dans
les cours des princes.] et peu après messire Albrech de Potardof.
II n'y avoit pas encore deux heures que j'étois arrivé quand je vis messire
Albrech descendre de cheval à la porte de mon logis, et me demander. Je me
crus perdu. Peu avant mon départ pour les saints lieux, moi et quelques
autres nous l'avions arrêté entre Flandres et Brabant, parce que nous
l'avions cru sujet de Phédérich d'Autriche, [Sidenote: Frédéric, duc
d'Autriche, empereur après Albert II.] qui avoit défié mondit seigneur; et
je ne doutai pas qu'il ne vînt m'arrêter à mon tour, et peut-être faire pis
encore.
Il me dit que mondit seigneur d'Autriche, instruit que j'étois serviteur de
mondit seigneur le duc, l'envoyoit vers moi pour m'offrir tout ce qui
dépendoit de lui; qu'il m'invitoit à le demander aussi hardiment que je le
ferois envers mondit seigneur, et qu'il vouloit traiter ses serviteurs
comme il feroit les siens même. Messire Albrech parla ensuite en son nom:
il me présenta de l'argent, m'offrit des chevaux et autres objets; en un
mot il me rendit le bien pour le mal, quoiqu'après tout cependant je
n'eusse fait envers lui que ce que l'honneur me permettoit et m'ordonnoit
même de faire.
Deux jours après, mondit seigneur d'Autriche m'envoya dire qu'il vouloit me
parler; et ce fut encore messire Albrech qui vint me prendre pour lui faire
la révérence. Je me présentai à lui au moment où il sortoit de la messe,
accompagné de huit ou dix vieux chevaliers notables. A peine l'eus-je salué
qu'il me prit la main sans vouloir permetter que je lui parlasse à genoux.
Il me fit beaucoup de questions, et particulièrement sur mondit seigneur;
ce qui me donna lieu de présumer qu'il l'aimoit tendrement.
C'étoit un homme d'assez grande taille et brun; mais doux et affable,
vaillant et libéral, et qui passoit pour avoir toutes sortes de bonnes
qualités. Parmi les personnes qui l'accompagnoient étoient quelques
seigneurs de Bohème que les Houls en avoient chassés parce qu'ils ne
vouloient pas être de leur religion. [Footnote: Houls, Hussites, disciples
de Jean Hus (qu'on prononçoit Hous), sectaires fanatiques qui dans ce
siècle inondèrent la Bohème de sang, et se rendirent redoutables par leurs
armes.]
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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