The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
History
The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
Au neuvième siècle, nous eûmes une autre sorte de Voyage par Hetton, moine
et abbé de Richenou, puis évéque Bàle. Cet homme, habile dans les affaires,
et employé comme tel par Charlemagne, avoit été en 811 envoyé par lui en
ambassade à Constantinople. De retour en France, il y publia, sur sa
mission, une relation, que jusqu'ici l'on n'a pas retrouvée, et que nous
devons d'autant plus regretter qu'infailliblement elle nous fourniroit des
détails curieux sur un Empire dont les rapports avec notre France etoient
alors si multipliés et si actifs. Peut être au reste ne doit on pas la
regarder comme tout-à-fait perdue; et il seroit possible qu'après être
restée pendant plusieurs siècles ensevelie dans un manuscrit ignoré, le
hasard l'amenât un jour sous les yeux de quelqu'un de nos savans, qui la
donneroit au public.
C'est ce qui est arrivé pour celle d'un autre moine Français nommé Bernard;
laquelle, publiée en 870, a été retrouvée par Mabillon et mise par lui au
[Footnote: Ubi supra. p. 523.] jour. Ce n'est, comme celle d'Arculfe, qu'un
voyage de Terre Sainte à la vérité beaucoup plus court que le sien, écrit
avec moins de prétention, mais qui, à l'exception de quelques details
personnels à l'auteur, ne contient de même qu'une sèche énumération des
saints lieux: ce qui l'a fait de même intituler: De locis sanctis.
Cependant la route des deux pélerins fut différente. Arculfe étoit allé
directment en Palestine, et de là il s'etoit embarqué une seconde fois pour
voir Alexandrie. Bernard, au contraire, va d'abord débarquer à Alexandrie.
Il remonte le Nil jusqu'à Babylone, redescend à Damiette, et, traversant le
désert sur des chameaux, il se rend par Gaza en Terre Sainte.
Là, il fait, comme saint Arculfe, différens pélerinages, mais moins que lui
cependant, soit que sa profession ne lui eût point permis les même
dépenses, soit qu'il ait négligé de les mentionner tous.
Je remarquerai seulement que dans certaines églises on avoit imaginé,
depuis l'évèque, de nouveaux miracles, et qu'elles en citoient dont il ne
parle pas, et dont certainement il eût fait mention s'ils avoient eu lieu
de son temps. Tel étoit celui de l'église de Sainte-Marie, où jamais il ne
pleuvoit, disoit-on, quoiqu'elle fût sans toit. Tel celui auquel les Grecs
ont donné tant de célébrité, et qui, tous les ans, la veille de Pâques,
s'opéroit dans l'églisè du Saint-Sépulcre, ou un ange descendoit du ciel
pour allumer les cierges: ce qui fournissoit aux chrétiens de la ville un
feu nouveau, qui leur étoit communiqué par le patriarche, et qu'ils
emportoient réligieusement chez eux.
Bernard rapporte, sur son passage du désert, une anecdote qui est à
recueillir: c'est que, dans la traversée de cette immense mer de sable, des
marchands païens et chrétiens avoient formé deux hospices, nommés l'un
Albara, l'autre Albacara, où les voyageurs trouvoient à se pourvoir de tous
les objets dont ils pouvoient avoir besoin pour leur route.
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