The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
History
The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
Enfin l'auteur nous fait connoitre un monument formé par Charlemagne dans
Jérusalem en faveur de ceux qui parloient _la langue Romane_, et que les
Français, et les gens de lettres spécialement, n'apprendront pas, sans
beaucoup de plaisir, avoir existé.
Ce prince, la gloire de l'Occident, avoit, par ses conquêtes et ses grandes
qualités, attiré l'attention d'un homme qui remplissoit également l'Orient
de sa renommée: c'étoit le célèbre calife Haroun-al-Raschild. Haroun,
empressé de témoigner à Charles l'estime et la considération qu'il lui
portoit, lui portoit, lui avoit envoyé des ambassadeurs avec des présens
magnifiques; et ces ambassadeurs, disent nos historiens, étoient même
chargés de lui présenter, de la part de leur maître, les clés de Jérusalem.
Probablement Charles avoit profité de cette faveur pour établir dans la
ville un hôpital ou hospice, destiné aux pélerins de ses états Français.
Tel étoit l'esprit du temps. Ces sortes de voyages étant réputés l'action
la plus sainte que put imaginer la dévotion, un prince qui les favorisoit
croyoit bien mériter de la religion. Charlemagne d'ailleurs avoir le gout
des pélerinages; et son historien Eginhard [Footnote: Vita Carol. Mag. Cap.
27.] remarque avec surprise que, malgré la prédilection qu'il portoit à
celui de Saint-Pierre de Rome, il ne l'avoit fait pourtant que <i>quatre
fois</i> dans sa vie.
Mais souvent le grand homme se montre grand encore jusqu'au sein des
prejugés qui l'entourent. Charles avoit été en France le restaurateur des
lettres; il y avoit rétabli l'orthographe, régénéré l'écriture, formé de
belles bibliothèques: il voulut que son hospice de Jérusalem eût une
bibliothèque aussi à l'usage des pélerins. L'établissement la possédoit
encore tout entière, au temps de Bernard: "nobilissimam habens
bibliothecam, studio Imperatoris;" et l'empereur y avoit même attaché, tant
pour Pentretien du depôt et celui du lieu, que pour la nourriture des
pélerins, douze manses situées dans la vallée de Josaphat, avec des terres,
des vignes et un jardin.
Quoique notre historien dût être rassasie de pélerinages, il fit néanmoins
encore, à son retour par l'Italie, celui de Rome: puis quand il fut rentré
en France, celui du mont Saint-Michael.
Sur ce dernier, il observe que ce lieu, situé au milieu d'une grève des
côtes de Normandie, est deux fois par jour, au temps du flux, baigné des
eaux de la mer. Mais il ajoute que, le jour de la fête du saint l'accés du
rocher et de la chapelle reste libre; que l'Océan y forme, comme fit la Mer
rouge, au temps de Moise, deux grands murs, entre lesquels on peut passer à
pied sec; et que ce miracle, que n'a lieu que ce jour-là, dure tout le
jour.
Notre littérature nationale possédoit quatre voyages; un des cotes
d'Isalie, un de Constantinople, deux de Terre-Sainte. Au treizième siècle,
une cause fort étrange lui en procura deux de Tartarie.
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