The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
History
The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
Quant à Bergeron, il n'est personne qui ne convienne qu'en publiant sa
traduction il a rendu aux lettres et aux sciences un vrai service, et je
suis bien loin assurément de vouloir en déprécier le mérite. Cependant je
suis convaincu qu'elle en auroit d'avantage encore s'il ne se fut point
permis, pour les différens morceaux qu'il y a fait entrer, une traduction
trop libre, et surtout s'il s'y fut interdit de nombreux retranchemens qui
à la vérité nous épargnent l'ennui de certains détails peu faits pour
plaire, mais qui aussi nous privent de l'inestimable avantage d'apprécier
l'auteur et son siècle. Lui-même, dans la notice préliminaire d'un des
voyages qu'il a imprimés, il dit l'avoir tiré d'un Latin assez grossier où
il étoit écrit selon le temps, pour le faire voir en notre angue avec un
peu plus d'élégance et de clarté. [Footnote: Tome I. p. 160, à la suite du
Voyage de Rubruquis.] Dé-là il est arrivé qu'en promettant de nous donner
des relations du treizième et du quatorzième siéecle [sic--KTH], il nous en
donne de modernes, qui toutes ont la même physionomie à peu près, tandis
que chacune devroit avoir la sienne propre.
Le recueil de Bergeron, bon pour son temps, ne l'est plus pour le notre.
Composé d'ouvrages qui contiennent beaucoup d'erreurs, nous y voudrions des
notes critiques, des discussions historiques, des observations savantes; et
peut-être seroit-ce aujourd'hui une entreprise utile et qui ne pourroit
manquer d'être accueillie très-favorablement du public, que celle d'une
édition nouvelle des voyages anciens, faite ainsi, surtout si l'on y
joignoit, autant qu'il seroit possible, le texte original avec la
traduction. Mais cette traduction, il faudrait qu'elle fut
très-scrupuleusement fidèle. Il faudroit avant tout s'y interdire tout
retranchement, ou au moins en prévenir et y présenter en extrait ce qu'on
croiroit indispensable de retrancher. Ce n'est point l'agrément que
s'attend de trouver dans de pareils ouvrages celui qui entreprend la
lecture; c'est l'instruction. Dès le moment où vous les dénaturerez, où
vous voudrez leur donner une tournure moderne et ètre lu des jeunes gens et
des femmes, tout est manqué. Avez-vous des voyages, quels qu'ils soient, de
tel ou tel siècle? Voilà ce que je vous demande, et ce que vous devez me
faire connoitre.
Si parmi ceux de nos gens de lettres qui avec des connoissances en histoire
et en géographie réunissent du courage et le talent des recherches, il s'en
trouvoit quelqu'un que ce travail n'effrayât pas, je là préviens que, pour
ce qui concerne le Speculum hîstoriale, il en existe à la Bibliothéque
nationale quatre exemplaires manuscrits, sous les numéros 4898, 4900, 490l,
et 4902.
Les deux Voyageurs du quatorzième siècle qui ont publié des relations ne
sont point nés Français; mais tous deux écrivirent primitivement dans notre
langue: ils nous appartiennent à titre d'auteurs, et sous ce rapport je
dois en parler. L'un est Hayton l'Arménien; l'autre, l'Anglais Mandeville.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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