The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part IIIHakluyt, Richard
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The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10: Asia, Part III
Hakluyt, Richard
Discoveries in geography -- English; Voyages and travels
Louis n'étoit plus en Syrie. La mort de Blanche sa mère l'avoit rappelé
enfin en France, d'où il n'auroit jamais du sortir, et où néanmoins il ne
se rendit qu'après une année de retard encore. Rubruquis s'apprêtoit à l'y
suivre quand il reçut de son provincial une défense de partir, avec ordre
de se rendre au couvent de Saint-Jean d'Acre, et là d'écrire au roi pour
l'instruire de sa mission. Il obéit. Il envoya au monarque une relation,
que le temps nous a conservée, et qui, comme la précédente, se trouve
traduite dans Bergeron; mais c'est à la contrariété despotique d'un
supérieur dur et jaloux que nous la devons. Peut-être que si le voyageur
avoit obtenu permission de venir à la cour, il n'eut rien ecrit.
Ainsi des quatre ambassadeurs monastiques envoyés en Tartarie tant par
Innocent que par le roi, il n'y a que les deux Franciscains de Carpin et
Rubruquis, qui aient laissé dés mémoires; et ces ouvrages, quoiqu'ils se
ressentent de leur siècle et particulièrement de la profession de ceux qui
les composèrent, sont cependant précieux pour nous par les détails
intéressans qu'ils contiennent sur une contrée lointaine dont alors on
connoissoit à peine le nom, et avec laquelle nous n'avons depuis cette
époque conservé aucun rapport.
On y admirera sur tout le courage de Rubruquis, qui ne craint pas de
déclarer assez ouvertement au roi que David étoit un imposteur qui l'avoit
trompé. Mais Louis avoit le fanatisme du prosélytisme et des conversions;
et c'est-là chez certains esprits une maladie incurable.
Dupé deux fois, il le fut encore par la suite pour un roi de Tunis qu'on
lui avoit représenté comme disposé à se faire baptiser. Ce baptême fut
long-temps sa chimère. Il regardoit comme le plus beau jour de sa vie celui
où il seroit le parrain de ce prince. Il eut consenti volontiers,
disoit-il, à passer le reste de sa vie dans les cachots d'Afrique, si à ce
prix il eut pu le voir chrétien. Et ce fut pour être le parrain d'un
infidèle qu'il alla sur les côtes de Tunis perdre une seconde flotte et une
seconde armée, déshonorer une seconde fois les armes Françaises qu'avoit
tant illustrées la journée de Bovines, enfin perir de la peste au milieu de
son camp pestiféré, et mériter ainsi, par les malheurs multipliés de la
France, d'être qualifié martyr et saint.
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