The works of John Dryden, now first collected in eighteen volumes. Volume 13Dryden, John
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The works of John Dryden, now first collected in eighteen volumes. Volume 13
Dryden, John
Poetry
"La seconde différence entre les poëmes satyriques des Grecs, et les
Satires des Latins, vient de ce qu'il y a même quelque diversité dans
le nom, laquelle ne paroit pas autrement dans les langues vulgaires.
C'est qu'en effet les Grecs donnoient aux leurs le nom de Satyrus ou
Satiri, de Satyriques, de piéces Satyriques, par rapport, s'entend,
aux Satyres, ces hostes de bois, et ces compagnons de Baccus, qui y
jouoient leur rôle: et d'ou vient aussi, qu'Horace, comme nous avons
déja vû, les appelle _agrestes Satyros_, et ceux, qui en étoient les
auteurs, du nom de _Satyrorum Scriptor._ Au lieu que les Romains ont
dit _Satira_ ou _Satura_ de ces poëmes, auxquels ils en ont appliqué et
restraint le nom; que leurs auteurs et leurs grammairiens donnent une
autre origine, et une autre signification de ce mot, comme celle d'un
mélange de plusieurs fruits de la terre, ou bien de plusieurs mets dans
un plat; delà celle d'un mélange de plusieurs loix comprises dans une,
ou enfin la signification d'un poëme mêlé de plusieurs choses.
"La troisiéme différence entre ces mêmes Satires et les piéces
satyriques des Grecs est, qu'en effet l'introduction des Silénes et
des Satyres, qui composoient les choeurs de ces derniéres, etoient
tellement de leur essence, que sans eux elles ne pouvoient plus porter
le nom de _Satyres_. Tellement qu'Horace, parlant entre autres de
la nature de ces Satyres ou poëmes satyriques des Grecs, s'arrête
a montrer, en quelle maniére on y doit faire parler Siléne, ou les
Satyres; ce qu'on leur doit faire éviter ou observer. Ce qu'l n'auroit
pas fait avec tant de soin, s'il avoit cru, que la présence des Satyres
ne fut pas de la nature et de l'essence, comme je viens de dire, de ces
sortes de piéces, qui en portoient le nom.
"C'est à quoi on peut ajouter l'action de ces mêmes Satyres, et qui
etoient propres aux piéces, qui en portoient le nom. C'est qu'en effet
les danses etoient si fort de leur essence, que non seulement Aristote,
comme nous avons déja veu, joint ensemble la _poësie satyrique et
faite pour la danse_; mais qu'un autre auteur Grec [_Lucianus_ #peri
orchêseôs#] parle nommément des trois différentes sortes de danses
attachés au théatre, _la tragique, la comique, et la satyrique_.
D'où vient aussi, comme il le remarque ailleurs, que les Satires en
prirent le nom de _Sicynnistes_; c'est à dire d'une sorte de danse, qui
leur etoit particuliére, comme on peut voir entre autres de ce qu'en
dit Siléne dans le Cyclope, à la veuë des Satyres; et ainsi d'ou on
peut assés comprendre la force de l'épithéte de _saltantes Satyros_,
que Virgile leur donne en quelque endroit; ou de ce qu'Horace,
dans sa premiére Ode, parle des danses des Nymphes et des Satyres,
_Nympharumque leues cum Satyris chori_. Tout cela, comme chacun
voit, n'avoit aucun raport avec les Satires Romaines, et il n'est pas
nécessaire, d'en dire davantage, pour le faire entendre.
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