The works of John Dryden, now first collected in eighteen volumes. Volume 13Dryden, John
General
The works of John Dryden, now first collected in eighteen volumes. Volume 13
Dryden, John
Poetry
"La quatriéme différence resulte des sujets assés divers des uns et des
autres. Les Satyres des Grecs, comme il a déja été remarqué, et qu'on
peut juger par les titres, qui nous en restent, prenoient d'ordinaire,
non seulement des sujets connus, mais fabuleux; ce qui fait dire
là-dessus à Horace, _ex noto carmen fictum sequar_; des heros, par
exemple, ou des demi-dieux des siécles passés, à quoi le même poëte
venoit de faire allusion. Les Satires Romaines, comme leurs auteurs en
parlent eux-mêmes, et qu'ils le pratiquent, s'attachoient á reprendre
les vices ou les erreurs de leur siécle et de leur patrie; à y jouer
des particuliers de Rome, un Mutius entre autres, et un Lupus, avec
Lucilius; un Milonius et un Nomentanus, avec Horace; un Crispinus et un
Locustus, avec Juvenal; c'est à dire des gens, qui nous seroient peu
connus aujourdhui, sans la mention, qu'ils ont trouvé à propos d'en
faire dans leurs satires.
"La cinquiéme différence paroit encore dans la maniére, de laquelle
les uns et les autres traitent leurs sujets, et dans le but principal,
qu'ils s'y proposent. Celui de la poësie satyrique des Grecs, etoit de
tourner en ridicule des actions sérieuses, comme l'enseigne le même
Horace, _vertere seria ludo_; de travêstir pour ce sujet leurs dieux ou
leurs héros, d'en changer le caractére, selon le besoin; de faire par
exemple d'un Achille un homme mol, suivant qu'un autre poëte Latin y
fait allusion, _Nec nocet autori, qui mollem fecit Achillem_. C'étoit
en un mot leur but principal, de rire et de plaisanter; et d'ou vient
non seulement le mot de _Risus_, comme il a déja été remarqué, qu'on a
appliqué à ces sortes d'ouvrages, mais aussi ceux en Grec de _jeux_,
ou même de jouëts, et de _joci_ en Latin, comme fait encore Horace,
où il parle de l'auteur tragique, qui parmi les Grecs fut le premier,
qui composa de ces piéces satyriques, et suivant qu'il dit, _incolumi
gravitate jocum tentavit_. Nons pouvons même comprendre de ce qu'il
ajoute dans la suite et des epithétes, que d'autres leur donnent de ris
obscénes, que cette gravité, avec laquelle on avoit d'abord temperé
ces sortes d'ouvrages, en fut bannie dans la suite; que les régles de
la pudeur n'y furent guéres observées; et qu'on en fit des spectacles
assés conformes à l'humeur et à la conduite de tels acteurs que des
satires petulans ou _protervi_, comme Horace les appelle sur ce même
sujet. Et c'est à quoi contribuerent d'ailleurs leurs danses et leurs
postures, dont il à été parlé, de même que celles des pantomimes
parmi les Romains. Au lieu que les Satires Romaines, temoin celles
qui nous restent, et á qui d'ailleurs ce nom est demeuré comme propre
et attaché, avoient moins pour but de plaisanter que d'exciter ou de
l'indignation, ou de la haine, _facit indignatio versum_, ou du
mépris; qu'elles s'attachent plus à reprendre et à mordre, qu'à faire
rire ou à folâtrer. D'ou vient aussi le nom de _poëme medisant_, que
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
Reviews
Reviews
No reviews yet
Be the first to share your thoughts on this work.
Elsewhere in the archive
Join the Discussion
Join the discussion
Sign in to leave a comment or review.
Sign InorCreate an account