Theory of the Earth, With Proofs and Illustrations, Volume 2 (of 4)Hutton, James
Science
Theory of the Earth, With Proofs and Illustrations, Volume 2 (of 4)
Hutton, James
Geology -- Early works to 1800
«§ 642. Je trouvai que c'étoient encore des granits veinés, mélangés
de quartz, de feldspath, de mica et de fer qui colore la pierre en se
décomposant au-dehors: cette teinte pénètre même quelquefois assez avant
dans l'intérieur. Ces rochers sont divisés par couches bien distinctes,
à-peu-près verticales, et dans la direction de l'aiguille aimantée,
comme celles que j'avois observées au-dessous du chalet. Ces couches
sont coupées par des fentes à-peu-près perpendiculaires à leurs plans,
et qui sont pour la plupart parallèles à l'horison, de maniere que ces
rochers se trouvent ainsi divisés en grandes pieces de forme à-peu-près
rhomboïdale. Les veines mêmes intérieures de la pierre sont aussi
très-bien prononcées, et exactement parallèles à ses couches;
observation générale et de la plus grande importance, parce qu'elle
prouve que ces couches sont bien de vraies couches, et non point des
fissures produites fortuitement par la retraite ou par un affaissement
inégal des parties du rocher. Ces veines sont dessinées sur le fond
blanc de la pierre des feuillets minces de mica noirâtre; elles sont
tantôt planes, tantôt ondées, mais toujours régulières et parallèles
entr'elles, excepté là où il se rencontre des noeuds; encore
reprennent-elles leur direction après en avoir fait le tour. Comme le
mica s'y trouve en petite quantité, la pierre est dure, et ne se brise
qu'à grands coups de marteau. Lorsqu'on l'observe de près dans sa
cassure, on voit que les petites lames ou écailles de mica sont
constamment couchées dans le sens des veines de la pierre. Ces mêmes
écailles n'ont presque aucune adhérence entr'elles, en sorte que les
feuillets dont la pierre est composée, n'adhèrent entr'eux que par les
points où il ne se trouve point de mica.
«§ 643. Je me demandois à moi-même, en observant cette pierre, s'il
étoit possible qu'elle eût été formée dans cette situation verticale;
si ces écailles incohérentes auroient pu venir s'attacher à ces murs
verticaux, et si le mouvement des eaux, clairement indiqué par le tissu
feuilleté de la pierre, n'auroit pas dû les détacher et les faire tomber
à mesure qu'elles se formoient. Je me demandois encore, si les fentes
qui coupent ces feuillets, perpendiculairement à leurs plans, ne
dateroient point d'un tems ou ces couches auroient été horisontales,
et n'auroient point été produites alors par le poids et l'affaissement
inégal des parties de la pierre. Mais pour admettre cette supposition,
il faudroit expliquer comment ces bancs, d'abord horisontaux, ont pu se
redresser; pourquoi ce redressement a été si fréquent, si régulier,
etc. etc. Je réserve pour un autre tems la discussion de ces grandes
questions; mais je ne crois pas inutile de faire apercevoir la liaison
qu'ont avec la théorie des observations si minutieuses en apparence.
«En faisant ces réflexions, je retournai au chalet de Plianpra où je
passai la nuit sur de la paille que j'avois fait étendre auprès du feu,
parce que la soirée étoit extrêmement fraîche.
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