Theory of the Earth, With Proofs and Illustrations, Volume 2 (of 4)Hutton, James
Science
Theory of the Earth, With Proofs and Illustrations, Volume 2 (of 4)
Hutton, James
Geology -- Early works to 1800
«Mais l'inspection des vallées que l'on découvre du haut du Cramont
démontre pleinement le peu de solidité de ces deux suppositions. En
effet, toutes les vallées que l'on découvre du haut de cette cime sont
fermées, au moins à l'une de leurs extrémités et quelques-unes à leurs
deux extrémités, par des cols élevés, ou même par des montagnes d'une
très-grande hauteur: toutes sont coupées à angles droits par d'autres
vallées, et l'on voit enfin clairement que la plupart d'entr'elles ont
été creusées, non point dans la mer, mais, ou au moment de sa retraite,
ou depuis sa retraite, par les eaux des neiges et des pluies.
«On a d'abord sous ses yeux la grande vallée de l'Allée-Blanche, qui
étant parallèle à la direction général de cette partie des Alpes, est
du nombre de celles que je nomme _longitudinales_; et l'on voit cette
vallée barrée à l'une de ses extrémités par le Col de la Seigne et à
l'autre par le Col Ferret. En se retournant du côté de l'Italie, on voit
plusieurs vallées à-peu-près parallèles à celle-là, comme celle de la
Tuile, celle du Grand Saint Bernard, qui toutes aboutissent, par le
haut, à quelque Col très-élevé, et par le bas, à la Doire, où elles
viennent se jeter vis-à-vis de quelque montagne qui leur correspond de
l'autre côté de cette vallée.
«Si l'on considère ensuite cette même vallée de la Doire, qui descend
de Courmayeur à Yvrée, on la verra barrée par le Mont-Blanc et par
la chaîne centrale, qui la coupent à angles droits dans la partie
supérieure. On verra cette même vallée s'ouvrir, dans un espace de sept
ou huit lieues, deux ou trois inflexions tout-à-fait brusques; et on
la verra enfin coupée à angles droits par une quantité de vallées qui
viennent y verser leurs eaux, et qui sont elles mêmes coupées par
d'autres, dont elles reçoivent aussi le tribut. Or quand on réfléchit à
la largeur et à l'étendue des courans de la mer, peut-on concevoir
que ces sillons étroits, barrés, qui se coupent en échiquier à de
très-petites distances, aient pu être creusés par de semblables courans.
«L'observation de la correspondance des angles, fut-elle aussi
universelle qu'elle l'est peu, ne prouveroit donc autre chose, sinon que
les vallées sont nées de la fissure et de l'écartement des montagnes, ou
qu'elles ont été creusées par les torrens et les rivières qui y coulent
actuellement. On voit un grand nombre de vallées naître, comme je l'ai
fait voir au Bon-Homme, § 767, sur les flancs d'une montagne; on les
voit s'élargir et s'approfondir a proportion des eaux qui y coulent; un
ruisseau qui sort d'une glacier, ou qui sort d'une prairie, creuse un
sillon, petit d'abord, mais qui s'agrandit successivement à mesure
que ses eaux grossissent, par la réunion d'autres sources ou d'autres
torrens.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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