Theory of the Earth, With Proofs and Illustrations, Volume 2 (of 4)Hutton, James
Science
Theory of the Earth, With Proofs and Illustrations, Volume 2 (of 4)
Hutton, James
Geology -- Early works to 1800
«On ne peut se refuser à croire avec M. d'Arcet, que l'enceinte des
cascades de marbre n'ait été autrefois un lac. Le nombre et l'étendue
de ces amas d'eau diminuent tous les jours dans les Pyrénées comme dans
tout pays de montagnes; les eaux qui viennent s'y rendre en exhaussent
le fond par les cailloux et les débris terreux qu'elles y entraînent, et
celles qui s'écoulent en abaissent le niveau, en creusant insensiblement
le canal par lequel elles sortent. Ainsi la marche lente et progressive
de la nature sans l'intermède des accidens et de révolutions, suffit
pour combler ces vastes creuse où les eaux se sont amassées, ou pour
ouvrir des issues qui ne leur permettent plus d'y séjourner. Le nombre
de ces lacs abandonnés et perdus n'est guère au-dessous de celui de lacs
encore existans. Les naturels du pays ont appris eux-mêmes à distinguer
ces monumens naturel; ils ont saisi leur structure semblable à celle
d'un vaisseau évasé et coupé dans ses parois d'une ou de plusieurs
entailles profondes, et les ont tous désignés par le mot _oule_, qui
dérive du mot Latin _olla_, et signifie chez eux marmite; comparaison
aussi juste que peu noble et bien digne de ces observateurs froids, mais
exacts, également dépourvue de prévention et d'enthousiasme. Ces _oules_
se trouvent souvent placées aux extrêmité supérieurs des vallées, à
l'origine des torrens qui les remplissoient autrefois. En effect,
ceux-ci naissent communément sous quelque vaste amas de neige, ou
s'écoulent d'un réservoir qui rassemble les eaux des hauteurs voisines.
Le nombre de ces lacs augmente à mesure qu'on s'élève, et c'est une
observation générale, que ceux des vallées sont pour la plupart comblés
ou perdus, et que ceux des montagnes, surtout de celle de granit, sont
presque tous conservés. J'ai dit précédemment, d'après l'observation
de M. d'Arcet, que l'enceinte des cascades présentoit la forme d'un
réservoir entr'ouvert et épuisé, et qu'elle étoit précédée d'un autre
bassin dont l'aspect est moins sauvage et la forme plus régulière. Tout
porte à penser que celui-ci a été aussi long-tems rempli d'eau, ou
plutôt il résulte d'un examen détaillé de ces lieux, que le deux bassins
ne faisoient autrefois qu'un seul et immense réservoir, où les eaux
étoient retenues à deux ou trois cens toises d'élévation au-dessus du
sol où elles coulent aujourd'hui. Les rochers qui séparent le premier
bassin de l'enceinte des cascades, ne sont, comme je l'ai déjà remarqué,
qu'un vaste amas de débris; mais ces débris ne ressemblent point à
ceux d'une muraille renversée sur elle-même, ou d'une digue rompue par
l'effort des eaux. Il est au contraire aisé de se convaincre qu'ils ont
été détachés de cette partie de la montagne qui bord l'enceinte du côté
de l'est, et sur laquelle sont les sommets les plus élevés de toute
cette masse. On voit encore sur ses flancs déchirés pendre d'énormes
quartiers de roche prêts à s'écrouler. Ceux qui sont déjà tombés ont
demeuré entassés les uns sur les autres.
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