Theory of the Earth, With Proofs and Illustrations, Volume 2 (of 4)Hutton, James
Science
Theory of the Earth, With Proofs and Illustrations, Volume 2 (of 4)
Hutton, James
Geology -- Early works to 1800
[8]«Les pluies et les rosées forment partout où elles séjournent, des
dépôts qui sont la première source de toute _végétation_. Ces dépôts
sont toujours mêlés des semences des _mousses_, que l'air charie
continuellement, et auxquelles se joignent bientôt les semences presque
aussi abondantes des _gramens_, qui sont l'herbe dominante de nos
prairies. Ainsi partout où la pluie a formé quelque petit dépôt, il
croît de la mousse ou des _gramens_. Ceux-ci demandent un peu plus
de _terre végétale_ pour croître, ils germent, et se conservent
principalement dans les intervalles et les creux des pierres: mais la
_mousse_ croît bientôt sur la surface la plus unie. Il n'est aucune
pierre long-temps exposée à l'air, qui soit parfaitement polie; l'action
de l'air, du soleil, des eaux, des gelées, detruiroit ce poli quand
il existeroit. Le moindre creux alors reçoit un dépôt de la pluie, et
nourrit un brin de _mousse,_ ces brins poussent des racines; et de
nouveaux jets autour d'eux, qui contribuent à arrêter l'eau de la pluie
et de la rosée, et par ce moyen à arrêter les dépôts Nourriciers.»
[Footnote 8: Histoire de la Terre, Tom. 2. page 26.]
«Quand la mousse a multiplié ses filets, les dépôts s'augmentent plus
rapidement encore; les brins de la _mousse,_ en séchant et pourrissant,
en forment eux-mêmes; car leur substance n'étoit que ces mêmes dépôts
façonnés: d'autres semences charriées par l'air, qui au-paravant
glissaient sur les pierres, parce que rien ne les retenoit, tombent
dans le fond de la _mousse_, et y trouvent l'humidité nécessaire pour
produire leurs premières racines: celles-ci s'entrelassent dans la
_mousse_, où elles se conservent à l'abri du soleil, et sont alors
autant de petites bouches qui pompent les sucs, que l'air, les pluies,
et les rosées y déposent. Ces premières plantes sont foibles, quelque
fois même elles ne parviennent pas à leur perfection: mais elles ont
contribué à fixer la _terre végétable_. En séchant et se décomposant,
elles se transforment en cette _terre_, qui tombe au fond de la
_mousse_, et qui prépare ainsi de la nourriture pour de nouvelles
plantes qui alors prospèrent et fructifient.
«Nous connoissons peu encore ce que c'est que cette _terre végétable_,
ce dépôt des pluies ou en général de l'air. Cependant, en rassemblant
les phénomènes, on peut conjecturer, que la plupart des corps terrestres
sont susceptibles d'être changés en cette substance, et qu'il ne s'agit
pour cette transformation que de les décomposer. J'entends par là une
telle division de leurs parties, que devenant presque des élémens, elles
puissent être intimement mêlées à l'eau, et pompées avec elle par les
tuyaux capillaires des plantes. En un mot, il semble suffisant qu'une
matière puisse entrer en circulation dans les végétaux, pour qu'elle
serve à en développer le tissu, et qu'elle y prenne la figure et les
qualités que chacun de ces laboratoires est propres à produire.
Public-domain text, read in full here on John Shaqi.
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